vendredi , 10 juillet 2020

A trois mois de son lancement, Mediapro avance masqué

La future chaine de référence pour le football français tarde à montrer des signes de sa venue.

Vous souvenez vous de ce que vous faisiez le 29 mai 2018 ? Maxime Saada, Jaume Roures et Didier Quillot eux parfaitement. C’est en effet à cette date, il y a deux ans jour pour jour que le verdict de l’appel d’offres pour les droits TV de la Ligue 1 sur la période 2020-2024 était rendu. Avec une double surprise, l’arrivée inattendue de Mediapro éclipsant Canal+ et un montant inédit au delà du milliard d’euros par saison. Cette fin de journée sonnait comme une promesse de jours meilleurs pour les acteurs du football français.

Depuis ce temps, de l’eau a coulé sous les ponts. La France est redevenue championne du monde, Canal+ s’est refait une santé en récupérant auprès de beIN SPORTS deux matchs par journée de Ligue 1 pour le cycle à venir, et les dirigeants du football français s’écharpent dans la gestion de la crise liée au Coronavirus. Quant à Mediapro ? Silence radio.

L’opérateur espagnol à l’actionnariat chinois alimente de nombreuses discussions depuis 24 mois, certains questionnant la solidité du projet, d’autres relevant qu’en l’absence de garantie bancaire, le risque de faux bond demeure bien présent tant que le premier paiement, prévu pour le mois d’aout, n’aura pas eu lieu. Les seules communications officielles ont émané du charismatique leader de ce groupe, Jaume Roures, avec toujours une volonté de rassurer sur la venue de la future chaine du football français à 25€ par mois.

Deux recrues officielles pour diriger la chaine

Pour l’heure, et alors que la traditionnelle période de mercato est ouverte, seuls deux recrutements ont été officialisés. Le premier, datant de l’automne 2019, est le directeur général de la chaine, Julien Bergeaud, un transfuge d’Eurosport/Discovery. Pour mener à bien le projet de chaine et notamment les discussions auprès des distributeurs, il est venu aux côtés d’une directrice juridique de chez Eurosport, Vicky Adalbert, nommée dans la foulée directrice générale adjointe.

Plus récemment, début mars 2020 on a appris l’arrivée de Jean Michel Roussier. Ce dirigeant était jusqu’alors président de l’AS Nancy Lorraine. Avant cela, il a été dans les coulisses de nombreux projets de chaines sportives de clubs, à commencer par OMTV en 1999, puis ONZEO en 2006. Son plus grand projet n’aura duré qu’une saison, en 2011 avec CFoot, chaine de la ligue ayant diffusé la Ligue 2 avant l’arrivée de beIN SPORTS un an plus tard. En tant que directeur conseil délégué sur l’antenne et les programmes, il dispose d’un rôle majeur pour construire une grille des programmes solide et reposant sur des animateurs et journalistes de qualité.

A ce sujet, les équipes ont commencé leurs prospections. Après de nombreuses fuites dans la presse évoquant des contacts avec le tout Paris, deux noms ont été prononcés avec plus de certitudes par L’Équipe. Il s’agit de Thibault le Rol de beIN SPORTS et de Pierre Nigay de La chaine L’Équipe. Pour l’heure cependant, rien n’a été confirmé. Un facteur à ne pas négliger est la situation interne au sein de RMC Sport. Comme nous vous l’évoquions il y a quelques jours, un plan de départs va concerner plusieurs dizaines de personnes et la moitié des consultants. De quoi donner l’embarras du choix aux équipes de Mediapro dans leur recrutement.

De très importantes synergies en perspective

En dehors de l’aspect éditorial, les recrutements sont extrêmement peu nombreux. Pour l’heure, le groupe n’a officiellement recherché que deux directeurs marketing, un community manager et un Responsable informatique. Plutôt que de considérer cela comme le symptôme d’un retard dans la mise en place, cela laisse envisager l’importance des synergies qui vont être mises en place par le groupe.

En effet, la future chaine du football français devrait s’appuyer sur les compétences et infrastructures techniques existantes. Mediapro dispose déjà d’une filière en France, auparavant nommée Imagina, et qui a largement supporté le lancement de beIN SPORTS sur notre territoire en 2012. Reste à savoir à quel point la gouvernance de la chaine sera dépendante du siège espagnol.

Le siège français justement, continue d’alimenter les interrogations. Il est essentiel de disposer de locaux sur Paris pour y installer la chaine avec ses bureaux, sa rédaction, ses plateaux et ses moyens techniques de régie. Une société a bien été créée et immatriculée à Boulogne-Billancourt fin 2018. Impossible de confirmer cependant que ce lieu où était déjà immatriculée la société Imagina constitue effectivement la base armée de la chaine.

Le nom définitif toujours inconnu

L’autorisation d’émettre de la chaine est imminente. Son conventionnement auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, étape indispensable pour lancer une chaine, était à l’ordre du jour de l’assemblée plénière du régulateur du 27 mai dernier.

L’incertitude pèse toujours concernant le nom définitif de la chaine. Si il est supposé être différent de Mediapro, le groupe n’a, selon les dernières données publiées par l’INPI, déposé aucune demande de dépôt de marque. L’usage du simple terme Mediapro n’est donc pas à exclure, tout comme celui de Mediapro Sport, utilisé à diverses reprises ces derniers mois pour désigner la filiale française.

Il reste moins de trois mois aux équipes de Mediapro pour construire la chaine et être en mesure de diffuser des rencontres dès le 22 aout prochain. Voilà qui tombe bien, « On peut faire une chaine en trois mois » déclarait Jaume Roures dans une interview au Parisien le 31 octobre dernier.

A propos de R.M.

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Un commentaire

  1. Avatar
    Benjamin Hene

    je suis totalement inquiet par cette chaine, l’avenir nous le dira…
    Benjamin Hene

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