dimanche , 25 octobre 2020

La chaine l’Équipe anticipe une rentrée 2020 basée sur ses acquis

Pas de révolution pour la chaine du groupe Amaury.

C’est dans le format atypique d’une visioconférence que la chaine l’Équipe a présenté ce matin une rentrée qui sera, une fois n’est pas coutume, anticipée au 28 juillet. En effet, c’est à cette date que reprendront les courses cyclistes en direct diffusées par la chaine.

Si d’ordinaire le Tour de Burgos ne passionne pas les foules, Patrick Chassé, commentateur cyclisme de la chaine, s’attend à ce que les curieux se pressent pour découvrir un plateau particulièrement relevé, chaque équipe souhaitant préparer le Tour de France. Suivront dans le courant du mois les classiques italiennes (Strade Bianche, Milan San Remo, Tour de Lombardie) et le Tour du Limousin, dont le soutien du diffuseur/producteur a été confirmé pour la 3e année consécutive, malgré la diffusion en simultané avec le Dauphiné. Après le Tour, la chaine sera au rendez-vous du Giro au casting plus incertain, et qui conclura l’actuel contrat entre la chaine et les courses italiennes, dont le renouvellement constitue une inconnue.

En matière de droits sportifs, la chaine capitalisera sur ses principaux produits d’appel, tels que le Biathlon, la Ligue des Nations et pour les deux prochaines saisons la Coupe du Roi couplée à la Supercoupe d’Espagne, dont l’acquisition a été récemment annoncée. La nouvelle version du championnat de Fédérale sera également au programme, pour ce qui concerne les compétitions les plus remarquables et fédératrices.

Mais le catalogue de la chaine est aussi composé de droits à plus faible valeur, et notamment de sports olympiques dans la perspective de Tokyo 2021. Pour accompagner éditorialement ces compétitions, la chaine misera sur deux marques. La première, déjà existante, est La Station L’Équipe pour suivre les sports d’hiver. La nouvelle, L’Équipe Arena, s’intéressera aux 42 sports olympiques diffusés par la chaine. L’idée est de proposer un suivi de la préparation olympique de certains espoirs de médailles, notamment en Judo ou en Triathlon.

Les rendez-vous magazines conservés

Au delà des compétitions sportives, la grille de la chaine est alimentée quotidiennement par des magazines, tous prolongés. L’Équipe d’Estelle ouvrira la danse le 3 aout, dans une nouvelle ambiance visuelle, et avec un nouveau chroniqueur auprès d’Estelle Denis. Il s’agit de Thibaud Vézirian, qui conservera en parallèle ses activités sur CNews.

Le 9 aout, les deux parties quotidiennes de l’Équipe du Soir reviendront. La chaine devra faire sans Pierre Nigay, parti sur Téléfoot la chaine, mais conservera ses consultants principaux et son commentateur phare, Yoann Riou. Ce dernier suivra toujours les grands rendez-vous de football sans les images, à commencer par l’issue de la Ligue des Champions 2020, avec huit « Grandes Soirées » prévues en aout. Seule évolution, l’apport de Florian Gazan, dont les soirées Catch sont maintenues.

Une satisfaction prédominait, celle d’avoir conclu la saison passée avec une audience en hausse de 8%, malgré l’interruption du sport. Aussi, les formats L’Équipe Vintage, de rediffusions de grands moments du sports, et le pari de créer une case cinéma, constituent une réussite aux yeux de Jérôme Saporito, directeur du pôle TV, mais aussi une source d’inspiration pour l’avenir.

L’autre satisfaction est la diffusion fin juin du documentaire en quatre parties, « Lens de sang et d’or », considéré comme un vif succès. Une décision quant à une éventuelle saison 2 sur le retour du club en Ligue 1 sera prise dans les prochaines semaines. Le temps fort de l’automne sera un L’Équipe Enquête consacré au métier d’entraineur. Les témoignages de Raymond Domenech, Gerard Houiller, Bruno Genesio, Habib Beye ou Paul Le Guen sont attendus. Plus inhabituel, des compagnes d’entraineurs ont également accepté de livrer leurs témoignages sur les conséquences privées de l’exposition médiatique de leur conjoint. Les premières images présentées par Sébastien Tarrago sont prometteuses.

Cette rentrée intervient dans un cadre économique compliqué, alors que le groupe l’Équipe prévoit un plan d’économies, à l’image de nombreux autres médias. Difficile de savoir quelles seront les conséquences sur les ambitions de la chaine à moyen terme, alors que plusieurs contrats importants arrivent à échéance cet hiver (Tour d’Italie et classiques italiennes), l’été prochain (Fédérale) ou devront être renégociés dans les prochains mois (Ligue des Nations et Biathlon pour l’horizon 2022). Jérôme Saporito souhaite conserver une ambition dans les achats, tout en demeurant rationnel. Et l’illustre par l’obtention des droits de la Coupe d’Espagne.

Il est difficile de saisir le modèle économique post-crise de cette chaine, dont le seuil de rentabilité n’a jamais été atteint ces dernières saisons. Elle n’en demeure pas moins implantée dans l’esprit des téléspectateurs, ce qui pourrait constituer une force alors que l’arrivée de Mediapro va bouleverser les habitudes dès la fin aout. Au point d’augmenter les audiences et les revenus publicitaires ? Seul l’avenir nous le dira.

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