mardi , 18 décembre 2018

Fabien Lévêque (France Télévisions) : « Tout Le Sport est l’émission de sport la plus regardée en France »

crédit photo : Nathalie GUYON / FTV

crédit photo : Nathalie GUYON / FTV

Vous animez cette saison Tout Le Sport (TLS) du lundi au jeudi, une des rares émissions quotidiennes en télévision gratuite. C’était une envie de votre part ?

C’était une opportunité qui s’est présentée après le départ de Céline Géraud, on m’a proposé cette offre à la fin de l’été, je ne m’y attendais pas particulièrement et c’est un beau défi. C’est un énorme challenge pour moi, passer après Céline Géraud qui est emblématique du service des Sports et après Henri Sannier qui a incarné cette émission pendant une vingtaine d’années, c’est une belle preuve de confiance. On est sur une nouvelle case cette année à 20h45, on est sur un gros carrefour en termes d’audience et de visibilité, avec une grosse concurrence en face. L’idée est quand même de maintenir cette vitrine quotidienne du sport en clair et gratuite pour le plus grand public. Aujourd’hui on est les seuls à proposer ce qu’on fait avec TLS, c’est l’émission de sport la plus regardée en France, et c’est une vraie fierté d’être à la tête de cette émission.

Comment définir TLS ?

C’est un grand JT sport (Journal Télévisé NDLR), ce qu’on propose aux gens c’est la garantie tous les soirs à 20h45 d’avoir en 12 minutes un condensé, un grand résumé de l’actualité des sports, les images qu’ils n’ont pas pu voir. TLS a encore plus une raison d’être par rapport à tous ces droits qui sont disséminés un peu partout sur les chaînes payantes. Je le vois bien sur la Ligue des Champions, beaucoup de gens nous disent qu’ils voient les buts en premier dans notre émission, avec les matchs à 18h55. C’est un gros atout pour nous, les gens sont un peu perdus par rapport à tout ce qui est proposé. TLS est une mission de service public, on est là pour offrir un panorama complet de l’actualité sport des dernières 24 heures. Si l’émission a su trouver sa place, ce n’est pas pour rien, et c’est devenu une émission incontournable du paysage audiovisuel français.

Comment vous avez fait pour vous approprier cette émission ?

J’essaye d’apporter mon énergie, mon dynamisme, ma passion pour le sport. Je reste convaincu que quand on fait ce métier il faut être un grand passionné de sport, et j’aime parler de sport. C’est un métier que j’ai rêvé de faire depuis que je suis tout gamin, et je n’ai pas l’impression de travailler en transmettant ma passion. C’est un vrai travail d’équipe aussi, on est tous les jours 20 personnes (journalistes et techniciens) sur l’émission, avec un super rédacteur en chef, qui a su installer un cadre dans cette émission. C’était facile finalement de m’intégrer dans cette équipe, d’autant que j’avais fait la saison dernière des remplacements à la présentation de TLS le weekend.

Comment vous préparez chaque émission ?

Tous les matins à 11h on a une conférence de rédaction pour définir le conducteur de l’émission du soir, avec quelle actualité on va ouvrir l’émission, et quelles sont nos priorités en terme de couverture de l’actualité. On a aussi des rendez-vous incontournables qu’on a installés depuis la saison dernière, comme le « A part ça » qui est un condensé d’images insolites et spectaculaires que les gens adorent voir. On a une ossature qui est bien déterminée, c’est une quotidienne qui est bien rodée, avec une partie magazine à la fin de l’émission.

Comment vous hiérarchisez les informations à traiter ?

On va forcément plus souvent ouvrir sur les sports populaires comme le football, on a en ce moment une actualité très forte sur la Ligue des Champions par exemple, c’est une compétition pour laquelle les passionnés de sport ont un grand intérêt. Mais TLS ce n’est pas que ça, on est les seuls à proposer autant de disciplines différentes, avec par exemple de l’aviron quasiment en prime time. On s’intéresse à des sports auxquels d’autres ne s’intéressent pas forcément, on est focalisés sur la Route du Rhum en ce moment. On va essayer aussi de trouver des sports qui sont un peu plus en marge, on a fait dernièrement un feuilleton sur le catch français, on essaye d’être original dans la recherche d’angle de sujet. Il y a plein de belles histoires dans d’autres disciplines, il n’y a pas que le football ou le rugby. On est une émission multisports.

Pensez-vous que le nouvel horaire de l’émission, à 20h45, soit le meilleur moment pour parler de sport ?

Je pense que c’est le meilleur créneau, même s’il y a une énorme concurrence à cette heure. On voit bien qu’on a un socle de téléspectateurs qui est là tous les soirs, qui vient voir du sport et qui sait ce qu’il va trouver dans TLS. On est après les journaux télévisés, on est avant les prime time, ou avant le début des matchs de Ligue des Champions de 21h. C’est un horaire idéal pour être exposé de la meilleure manière possible.

Avec tous les réseaux sociaux et les chaînes d’information, est-ce qu’une émission quotidienne sur l’information sportive a encore du sens sur une chaîne gratuite ?

J’en suis convaincu, je pense qu’on se focalise trop sur les réseaux sociaux en imaginant que les gens ont déjà tout vu et tout entendu. Je suis convaincu qu’une émission quotidienne en linéaire a toujours sa place, j’ai l’impression qu’on se laisse gangréner par cette idée que les réseaux sociaux vont prendre le dessus sur la consommation TV, pour moi ça n’arrivera pas dans l’immédiat, c’est beaucoup trop tôt. Je pense que le public de TLS a des habitudes, et qu’il n’est pas allé piocher toutes les images sur les réseaux sociaux. Les gens ne passent pas toute la journée sur leurs téléphones ou leurs tablettes, ce n’est pas vrai, sinon on n’aurait pas entre 1,5 million et 2 millions de personnes qui nous regardent tous les soirs !

Vous avez abandonné les commentaires et le bord terrain des matchs de foot pour vous consacrer à TLS. Ça va vous manquer ?

L’odeur du stade va me manquer, ça c’est sûr ! J’ai fait ça pendant 10 ans, j’ai commenté des finales au Stade de France, une Coupe du Monde en Afrique du Sud, les finales de Ligue des Champions féminine avec Lyon, j’ai fait plein de belles choses avec les directs de football sur France Télévisions. Je ne peux pas être partout, je ne peux pas tout faire malheureusement. Mais il n’y a rien de définitif, peut-être que j’y retournerai. Le foot j’y ai encore un pied dedans, mon carnet d’adresses me sert aujourd’hui pour TLS avec des invités prestigieux : on a eu Olivier Giroud ou Gianluigi Buffon, et on va avoir Didier Deschamps ce soir (mercredi 14 novembre NDLR).

Vous commentez la fin de saison du tennis masculin en novembre : finale du Masters de Paris Bercy début novembre, finale de l’ATP World Tour à Londres ce weekend, et finale de la Coupe Davis à Lille. Lequel de ces évènements vous préférez ?

Le plus excitant est la finale de la Coupe Davis devant 20 000 personnes, France/Croatie c’est un parfum de Coupe du Monde de foot, ça va être la dernière fois de la finale de Coupe Davis sous cette formule à l’ancienne. On ne sait pas trop ce qu’il va se passer après, si les joueurs vont vraiment adhérer à la nouvelle formule. Il y a beaucoup de flou autour de cette Coupe Davis. Ce qui est certain c’est que cette finale va nous procurer beaucoup d’émotion. Et on va avoir un beau dispositif tout le weekend, avec en plateau Laurent Luyat et Michael Llodra, je serai aux commentaires avec Arnaud Clément. L’idée est de mettre en lumière le mieux possible cette dernière finale de Coupe Davis.

Comment vous vous préparez pour commenter ces matchs de tennis ?

En recherchant beaucoup de données sur le site de statistique de l’ATP, c’est ce que je faisais pour les matchs de foot en faisant des fiches, je n’arrive pas les mains dans les poches. Je regarde systématiquement les confrontations entre joueurs, leur parcours sur l’année, je fais un travail de recherche en amont. On a tendance quand on prépare un direct à recueillir beaucoup d’informations qu’on ne va pas forcément distiller, pendant le direct on est tributaires de ce qu’il se passe devant nos yeux, on est portés par l’évènement qui dicte souvent le commentaire.

Comment vous vous partagez l’antenne avec votre consultant ?

Avec Arnaud Clément ça se passe tout naturellement, on n’a pas besoin avant le match de se dire qui intervient quand, on est bien rodés. Je suis plutôt là pour faire vivre le match, et Arnaud Clément apporte son expertise sur les points stratégiques importants, sur les prises de raquette, sur les plans de jeu des joueurs. Les rôles sont bien répartis.

En dehors de la Coupe Davis, où les enjeux sont nationaux, le tennis doit-il être encore exposé en télévision gratuite ?

Je pense, oui, d’autant que je lisais récemment que d’après un sondage sur les événements sportifs qu’attendent le plus les Français, le Tour de France vient en premier et en deuxième position c’est Roland Garros. Diffuser Roland Garros en clair et en gratuit est primordial, c’est essentiel aujourd’hui. Il n’y a pas énormément d’évènements en France qui ont une telle dimension internationale, et on se doit d’offrir cet évènement au plus grand nombre de Français. Le tournoi a intérêt à être exposé de la manière la plus large possible au grand public, c’est ce qui fait la popularité d’un tel évènement. Et Roland Garros a toute sa place sur France Télévisions dans les années à venir.

Vous avez d’autres projets avec France Télévisions ?

Je suis déjà bien occupé avec TLS en semaine, et avec le tennis certains weekends. L’idée pourquoi pas serait de participer à d’autres événements de la chaîne, le Tour de France c’est quelque chose qui me fait rêver. C’est l’évènement qui fait vibrer les Français chaque année en juillet, je n’ai jamais eu encore l’occasion de le couvrir pendant 3 semaines, il y a encore plein de choses à explorer. Il y a les Jeux Olympiques de Tokyo qui se profilent en 2020, il y aura pas mal de choses à couvrir pour France Télévisions dans les 2 années à venir. Et l’idée est de continuer à m’installer à la tête de TLS. Comme je dis souvent, dans ce métier le plus difficile c’est de durer. Je vais essayer de durer le plus longtemps possible.

Tout Le Sport, chaque jour à 20h45 sur France 3.

A propos de Nicolas Chambaud

Spécialiste médias et sport, passionné par l'actualité internationale, le numérique et les enjeux des nouveaux modes de diffusion et de consommation du sport

4 commentaires

  1. Il est désagréable au possible aux commentaires de la Coupe Davis. Faites le taire merci

  2. Je me permets de vous contacter, afin de vous demander
    si vous pouvez me faire parvenir une photographie
    (dédicacée si possible)

    de Mr Fabien LEVÊQUE

    que j’apprécie beaucoup.

    J’espère que vous pourrez donner une suite favorable à
    ma demande et à cet effet je vous fourni mon adresse
    postale ci-dessous.

    Vous remerciant par avance,

    Veuillez agréer, mes sincères salutations,
    N.PERNEL

    Mme Nadine PERNEL
    Avenue Bic Auber
    Résidence Poterie Paternus
    Appt. 1025
    76800 SAINT ETIENNE DU ROUVRAY

  3. l’arrogance de France TV

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