vendredi , 11 août 2017

Arrivée de Neymar en Ligue 1 : Quel impact pour les droits TV de la compétition ?

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C’est l’évènement sportif de l’été, qui offre un coup de projecteur international au championnat de France de football.

L’arrivée du joueur de football considéré comme le 3e plus important du monde au PSG, va logiquement permettre à la ligue de Football Professionnel d’améliorer ses revenus issus des diffuseurs. Tour d’horizon des enjeux et perspectives pour la Ligue 1 à court et moyen terme.

Difficile de dépasser les 100M€ annuels à l’international

En 2014, la LFP a décidé de privilégier la vision à long terme, beIN SPORTS étant alors un acteur actif déjà implanté sur de nombreux territoires. Le groupe qatari disposait alors des droits à l’international, pour 32,5 millions d’euros par an entre 2014 et 2018.

La ligue alors dirigée par Frédéric Thiriez a jugé préférable de renforcer le partenariat à long terme avec le diffuseur, tout en négociant une hausse non négligeable, avec 80M€ garantis par an entre 2018 et 2024. Trois ans plus tard, à l’heure où le football ne cesse de drainer plus d’argent et où les marchés extérieurs tels que la Chine représentent un enjeu d’importance, et alors que le contrat n’a pas débuté, l’argent promis par beIN SPORTS semble déjà faible. Cependant, la ligue peut espérer voir quelques millions d’euros supplémentaires se greffer au montant garanti.

En effet, le contrat en vigueur dès la saison prochaine stipule que dans les territoires où beIN procède à une sous-licence, si le montant des droits dépasse le minimum garanti estimé par les deux parties en 2014, le supplément sera partagé équitablement entre les deux parties. A court terme, les yeux se tourneront du côté du Royaume-Uni. Le territoire européen où les montants sont les plus importants devrait voir les droits de la Ligue 1 renégociés pour 2018. Actuellement, c’est BT Sport qui retransmet les rencontres. L’appétit de Sky pourrait entrainer une hausse notable des montants en jeu à l’heure où l’attractivité de notre championnat grandit.

La Chine sera par ailleurs un territoire scruté, puisque en plein développement. Deux rencontres de notre championnat seront programmées cette année à 13h pour séduire ce marché, à commencer par Rennes/PSG le 17 décembre. Pour indication, la Premier League a signé récemment un contrat à plus de 220M€ par saison sur ce territoire. Un autre secteur sera à surveiller, l’Amérique du sud, et particulièrement le Brésil de Neymar. Actuellement, la Premier League y est négociée plus de 40M€ par saison. L’intérêt particulièrement fort des brésiliens pour le prodige local peut faire espérer à la ligue une renégociation future en très forte hausse et non négligeable.

Globalement, il est difficile d’envisager une hausse significative des droits extérieurs de la Ligue 1 à moyen terme, malgré l’arrivée de la star brésilienne. Quand bien même certains marchés venaient à fortement augmenter leur contribution, l’apport serait limité pour la LFP. Cela laissera la France largement en deçà des 4 principaux championnats européens sur ce dossier.

Droits domestiques : Objectif 2020

L’actuel contrat, signé en 2014 avec un an d’anticipation, court de 2016 à 2020. Avec 748,5 millions d’euros par an partagés entre Canal+ et beIN SPORTS, c’est le plus haut montant historique. Cependant, il reste largement inférieur au Royaume-Uni (2,6 Milliards € annuels jusqu’en 2019) et en deçà de l’Allemagne (1,16 Md€ jusqu’en 2021), l’Italie (945M€ jusqu’à cette saison) et l’Espagne (883M€ jusqu’en 2019).

Au regard de la féroce concurrence actuelle en France et de l’intérêt sportif grandissant, la ligue envisagerait d’accélérer le processus d’attribution des droits théoriquement prévu au printemps 2019. Un appel d’offres dès cette saison serait un pari, le marché pouvant évoluer à la hausse comme à la baisse d’ici à 2020. En France, la ligue devra tenir compte par ailleurs des renégociations à venir pour la Liga, la série A (cette saison) et pour la Premier League (automne 2018). Faut-il attendre ou devancer ces dossiers d’importance pour les 3 principaux acteurs français que sont Canal+, beIN SPORTS et Altice ?

Les voisins pourraient également inciter la ligue à la patience. La Premier League va bientôt entamer son processus domestique pour la période 2019-2022, tout comme la Liga, alors que la Série A a reçu de trop faibles propositions financières lors de son premier appel d’offres sur la période 2018-2021, il y a plusieurs mois. Connaitre la valeur récente des championnats comparables pourrait favoriser la hausse des montants, déjà attendue. Il se dit que la LFP espère 1,5 milliard annuel. Si elle avance intelligemment ses pions, c’est envisageable, voire même dépassable.

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2 commentaires

  1. En tout cas, avec la perte de la champions League, on pourra voir le PSG sur BIS juste à 3 voir 4 reprises dans la saison.
    Donc, il faut que pour l’offre de 2020.
    Canal+ mettent 500 millions pour ce championnat.
    Car SFR va mettre minimum 400 millions pour la ligue 1.
    BIS aura vraiment beaucoup de mal pour avoir juste un match par journée.

  2. la course aux droits et aux arrangements sont ouverts !

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