Sans les Lions et les Aigles : Comment les fans africains choisissent de nouveaux favoris pour la Coupe du Monde 2026

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Journaliste sportif passionné d'économie du sport et des droits TV, Baptiste Lacomme décrypte les stratégies des plus grands clubs et athlètes mondiaux. Son expertise sur le football et les enjeux du sport de haut niveau offre aux lecteurs de Médiasportif un éclairage précis et passionné.

Pour la première fois depuis une génération, deux des nations de football les plus passionnées d’Afrique regarderont la Coupe du Monde depuis leur salon. Les Super Eagles du Nigeria et les Lions Indomptables du Cameroun — ensemble détenteurs de huit titres de la Coupe d’Afrique des Nations et de douze participations à des Coupes du Monde — n’ont pas réussi à se qualifier pour le Canada, le Mexique et les États-Unis cet été.

C’est étrange. Entrez dans un bar à Yaoundé, Douala, Lagos ou Abuja en ce moment, et la conversation est passée de « Quel est notre onze ? » à une question plus difficile : « Qui soutenons-nous maintenant ?

Une première continentale

Le tournoi de 2026 est historique pour l’Afrique. L’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes signifie que dix nations africaines représenteront le continent — le Maroc, le Sénégal, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cap-Vert, l’Afrique du Sud et la RD Congo. Ce devrait être un moment de célébration. Et à bien des égards, c’en est un.

Mais pour les fans camerounais et nigérians, la joie est tempérée. Les Lions Indomptables détiennent le record africain de participations à la Coupe du Monde (huit) et ont écrit l’histoire à l’Italia 90 avec leur parcours jusqu’aux quarts de finale. Les Super Eagles ont une prestance que peu d’équipes sur le continent peuvent égaler. Leur absence n’est pas seulement statistique — elle est aussi émotionnelle. Ce sont des nations dont l’identité est intimement liée à leurs équipes nationales.

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Alors, comment regarder une Coupe du Monde en tant que neutral quand on ne l’a jamais été ?

L’effet Maroc

La plupart des signes indiquent que le Maroc est le premier bénéficiaire. Les Lions de l’Atlas ont stupéfié le monde avec leur parcours jusqu’en demi-finale au Qatar 2022 — une première historique pour une nation africaine — et arrivent en Amérique du Nord en tant que porte-étendard de l’Afrique. Le Maroc est apparu comme l’une des équipes africaines les plus soutenues pour réaliser un parcours remarquable dans le tournoi, selon les statistiques de la Coupe du Monde sur les principaux paris sportifs au Cameroun. Le Maroc est à environ 4/1 pour atteindre les quarts de finale, des cotes qu’aucune autre équipe africaine n’approche.

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Pour un continent qui a passé des décennies à voir ses équipes décevoir lors des Coupes du Monde, le Maroc incarne quelque chose de rare : la conviction que l’Afrique peut rivaliser au plus haut niveau. Parlez aux jeunes fans camerounais sur les réseaux sociaux, et l’affection est réelle. Le récit d’Achraf Hakimi — un défenseur qui joue un football offensif, qui ne cesse jamais de courir, qui semble sincèrement aimer le maillot africain — a marqué les esprits d’une façon que peu de footballeurs continentaux parviennent à faire.

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Les fans nigérians, plus divisés que jamais, sont partagés. Certains se sont tournés vers le Maroc. D’autres, encore meurtris par la polémique finale de la CAN, se sont rapprochés du Sénégal — en partie par solidarité, en partie parce que les Lions de la Teranga ont un effectif très présent en Premier League que les fans nigérians connaissent grâce au football du week-end.

Le facteur Premier League

C’est quelque chose que les fans africains anglophones n’articulent pas toujours, mais qui influence les équipes qu’ils soutiennent. Quand Iliman Ndiaye marque pour Everton un samedi, ou quand Pape Matar Sarr réalise une prestation de milieu de terrain pour les Spurs, ces noms ont du poids à Lagos et à Accra bien avant l’arrivée de la Coupe du Monde. En juin, les fans de Premier League à travers l’Afrique ont déjà investi émotionnellement dans des joueurs dont les équipes nationales participent au tournoi.

Le Sénégal, avec sa pléiade de joueurs de Premier League — Ndiaye, Ismaïla Sarr à Crystal Palace, Nicolas Jackson à Chelsea, Habib Diarra à Sunderland, Gana Gueye à Everton — est particulièrement bien placé pour attirer de nouveaux fans africains cet été. Ajoutez Sadio Mané, jouant presque certainement sa dernière Coupe du Monde, et l’attrait sentimental devient difficile à résister. Mané figure également parmi les rares noms africains dans les marchés du Soulier d’Or — et pour les parieurs camerounais qui souhaitent le soutenir, le moment est bien choisi. Le code promo 1xBet – CAMBOOKIE débloque un bonus de bienvenue allant jusqu’à 169 000 XAF pour les nouveaux joueurs qui finalisent leur inscription sur 1xBet.

L’attrait des outsiders : le Cap-Vert et la RD Congo

Pour les fans camerounais, une autre option émerge : le mode outsider total. Le Cap-Vert effectuera sa toute première participation à une Coupe du Monde — voir ce petit pays insulaire de cinq cent mille habitants se qualifier devant le Cameroun était difficile à avaler lorsque le résultat est tombé en octobre. Mais une fois la frustration initiale passée, de nombreux Camerounais en sont venus à admirer, à contrecœur, cet exploit. Le Cap-Vert représente quelque chose que les grandes nations africaines ont cessé de faire : se surpasser sans pression d’expectative.

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La qualification de la RD Congo a été encore plus dramatique, se frayant un chemin par le biais des barrages intercontinentaux contre la Jamaïque après avoir éliminé le Nigeria aux tirs au but. Pour les fans africains neutres attirés par le chaos et les grandes histoires, les Léopards en offrent à profusion.

Ce que cette absence révèle

Il se passe quelque chose de plus profond avec l’absence du Cameroun et du Nigeria. Les Lions Indomptables n’ont pas réussi à atteindre les phases à élimination directe lors de chaque Coupe du Monde depuis 1990. Les Super Eagles ont manqué deux des trois derniers tournois. Les infrastructures, les fédérations, les filières de formation des joueurs — rien de tout cela ne produit l’excellence constante que ces nations livraient autrefois.

C’est une longue conversation que les fans des deux pays mènent maintenant, et la Coupe du Monde leur tendra un miroir inconfortable. Regarder le Maroc traverser sa phase de groupes avec élégance, regarder le Sénégal se battre contre la France, regarder le Cap-Vert embrasser ses débuts — tout cela ne fera qu’aiguiser la question de l’endroit où le football camerounais et nigérian a perdu le fil.

Le nouveau rituel du fan

Alors, à quoi ressemble une Coupe du Monde sans son équipe ? Différente. Plus calme dans les bars. Plus analytique, moins tribale. On regarde des matches qu’on aurait habituellement ignorés. On commence à s’intéresser à des équipes qu’on n’aurait pas pu situer sur une carte il y a un an. On remarque des choses — des schémas tactiques, des éclats de génie individuels que le parti pris de soutenir sa propre équipe dissimule habituellement.

Ce pourrait même finir par être un cadeau. Le football africain a passé des décennies à exiger d’être pris au sérieux. Quand le cri qui s’élève dans un bar de Yaoundé pour un but marocain est tout aussi vibrant qu’il l’aurait été pour une tête d’Aboubakar.

Quand c’est un match Sénégal contre France en phase de groupes, et que l’homme qui demande « qui soutient-on ? » obtient la réponse qu’il ne savait pas attendre :

Quelle que soit l’équipe africaine encore en lice.

 

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