mercredi , 21 octobre 2020

Ligue 1 : La crise du coronavirus entraine la fin prématurée du cycle de Droits TV 2016-2020

La pandémie qui paralyse la planète entière a mis a l’arrêt l’ensemble du sport. Jusqu’à provoquer la fin anticipée des compétitions.

Il y aura très clairement un avant et un après Covid19 dans le monde du sport. Après des décisions similaires au niveau amateur, la Ligue de Football professionnel a acté ce jeudi 30 avril la fin anticipée des championnats de Ligue 1 / Ligue 2 et l’usage définitif des classements en cours pour déterminer de l’issue des compétitions.

Un quart des Droits TV perdus

Par conséquent, le football français vient sous la pression gouvernementale dire adieu à un quart de ses revenus audiovisuels, soit environ 240M€ selon les chiffres relayés par l’Équipe. Ces dernières semaines ont été l’objet d’un feuilleton dont nous avons préféré vous épargner le récit, au sujet du paiement des deux échéances initialement prévues. Canal+ et beIN SPORTS ont initialement pris la décision d’interrompre les versements lorsque les compétitions se sont arrêtées. Après une médiation, impliquant notamment Nasser Al-Khelaïfi à la double casquette de patron de beIN Media Group et du Paris Saint Germain, les deux chaines ont réglé une faible partie de la facture pour s’approcher d’un montant total proportionnel aux matchs diffusés. Le second versement des droits internationaux détenus par beIN SPORTS est toujours attendu.

Si les diffuseurs n’ont fait aucun cadeau, c’est notamment parce que le contrat pour la France arrive à échéance. Ils ne prennent plus le moindre risque en le dénonçant à l’heure où plus aucun des matchs prévus en son sein ne sera joué. Et la saison prochaine, dont le lancement est espéré au 22 aout, ils ne disposeront plus des mêmes droits de diffusion. Car la Ligue 1 sur beIN SPORTS et la Ligue 2 sur Canal+, c’est terminé (à priori) pour les 4 prochaines saisons.

La fin précipitée de la Ligue 1 sur beIN SPORTS

La conséquence de cet arrêt brutal, c’est que la fin de nombreuses aventures ne sera pas célébrée, alors que le mercato s’annonce important. Mediapro, nouveau détenteur d’une majeure partie des droits du football français, tente actuellement d’enrôler parmi les équipes de Canal+ et beIN les talents les plus prometteurs. Du côté de Canal, Hervé Mathoux ou Pierre Ménès constituent des fidèles, Habib Beye a prolongé pour 3 ans. Mais Karim Bennani et Marina Lorenzo auraient été contactés. Chez beIN, l’avenir de Julien Brun, Xavier Domergue, Smail Bouhadela et Anne Laure Bonnet pourrait s’écrire ailleurs, alors que Mediapro offrira des opportunités de carrières remarquables.

Car il est bon de rappeler que l’offre prévue par Mediapro sur la Ligue 1 s’annonce incontournable. Parmi les éléments marquants d’une journée de Ligue 1, la chaine disposera des cases horaires actuellement exploitées par Canal+ dont la mythique affiche du dimanche soir à commenter (avec les 10 affiches principales d’une saison incluant les classicos, olympicos et autres derbys), le grand magazine la précédant avec l’ensemble des résumés et le Multi Ligue 1 désormais le dimanche à 15h.

 

Le défi pour Mediapro est immense. Le groupe doit construire rapidement pour un lancement en aout une chaine dont nous ne savons que très peu de choses. Ni le nom définitif, ni les distributeurs, ni le prix de lancement, ni même les locaux n’ont été officialisés. La fin du confinement devrait permettre à la chaine de Jaume Roures de dévoiler ses atouts au grand public.

Quel équilibre économique pour l’avenir ?

Le contexte de lancement sera très compliqué, en pleine crise du coronavirus. Le produit risque fortement d’être dégradé avec des matchs à huis clos. En sus, la situation économique des clubs sera affaiblie par le manque à gagner issu de la saison 2019-2020 et par les conséquences de la crise économique sur le marché des transferts puis sur la saison à venir.

Alors que le modèle économique de la chaine future pouvait être questionné avant la crise, il l’est encore plus désormais. Certes, les consommateurs adeptes du sans engagement qui ont interrompu beIN SPORTS et/ou RMC Sport suite à cette crise auront moins de mal à se réengager sur Mediapro qu’en situation classique. Mais il n’est pas acquis que la dépense mensuelle de 25€ pour le seul produit Ligue 1/2 soit jugée prioritaire dans 3 mois. Difficile enfin d’anticiper la situation au moment de la reprise. A cette incertitude, il faudra toujours rappeler les craintes exprimées par certaines voix au sein des clubs en l’absence de garantie bancaire posée par Mediapro.

Le mois d’aout constituera donc l’heure de vérité pour le football français, qui attend désormais impatiemment le versement de la première tranche des droits audiovisuels pour la saison 2020-2021. Si elle se déroule correctement. Car en Espagne, son autre marché, Jaume Roures l’assure : il ne paiera pas les matchs non joués.

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