lundi , 28 septembre 2020

Interview Thomas Villechaize : « Permettre aux téléspectateurs de vivre l’Euro de Handball comme si ils étaient avec nous »

Thomas Villechaize

Thomas Villechaize (Panoramic)

En marge de la Golden League et à quelques jours du lancement de l’Euro de handball, nous avons pu échanger avec Thomas Villechaize, le monsieur handball de beIN SPORTS. L’occasion idéale d’évoquer son parcours jusqu’à la chaine qatarie, sa situation actuelle, et bien évidemment parler handball.

– Bonjour Thomas, pour ceux qui te découvrent, quel a été ton parcours jusqu’à beIN SPORTS ?

– J’ai débuté à RMC quand je sortais de l’école de journalisme de Marseille où j’ai commencé à faire des stages, puis j’ai eu la chance de travailler à France 3 Régions, dans ce que l’on appelle la tournante, puisque pour espérer obtenir un CDI, il faut aller dans plusieurs régions. J’ai donc été en Lorraine, à La Rochelle, dans le Nord, en Picardie, et j’ai atterri en Picardie pendant deux ans durant lesquels j’ai présenté une émission qui s’appelait Midi Sports. J’ai adoré cette expérience qui a été très instructive, m’a appris plein de choses du métier telles que travailler sur le terrain, en équipe. Puis sur Infosport, j’ai eu l’opportunité d’étoffer un peu les choses, de travailler avec Thomas Thouroude pour ma première télé à Infosport. J’ai suivi la charrette à Canal avec Infosport et Sport+ avant d’arriver à beIN SPORTS pour mon plus grand plaisir.

– Qu’est ce qui a motivé ton départ pour beIN SPORTS ?

– C’est plutôt Qui. C’est Charles Biétry, vraiment, pour qui j’ai une admiration sans bornes, et je le dis d’autant plus facilement maintenant qu’il a pris ses distances. C’est quelqu’un que j’ai toujours admiré pour sa carrière en télé. Il est venu me chercher, m’a donné sa confiance, une liberté absolue, et j’ai profité de sa bienveillance, de son regard toujours très attentif pour énormément apprendre à son contact, même s’il a été malheureusement pour moi trop bref chez beIN.

– Après 2 années à la présentation de L’Expresso (avec V.Le Moigne), tu es devenu le Mr Hand de beIN. Comment s’est faite cette transition ?

– Ça encore, je le dois à Charles Biétry, et aussi à Florent Houzot, qui m’a accordé toute sa confiance. En 2012, alors à la présentation de l’Expresso, j’avais juste dit que si un jour on avait du handball, j’étais là, puisque j’en ai fait à un piètre niveau, mais tout de même ! Je suis un passionné, j’ai toujours aimé ça. Je n’avais jamais fait de commentaire, mais si jamais ils avaient besoin de moi, j’étais disponible. C’était aussi ça l’énergie du début de beIN SPORTS. On faisait plein de choses pour lesquelles on n’était pas forcément faits, et c’est ça qui était génial, très enthousiasmant.

C’est un peu comme une famille que l’on a quittée pour des vacances et que l’on retrouve avec plaisir

– beIN s’est assuré de nombreuses compétitions de handball sur le long terme. Est-ce que cela assure que tu restes encore un moment sur les parquets, ou n’exclues-tu pas d’aller vers d’autres sports si tu en as l’opportunité ?

– Moi j’adore le handball, cela nous procure de nombreuses émotions, à l’image de ce que l’on a vécu lors de notre premier mondial au Qatar l’année dernière. Franchement, c’était le plus beau moment de ma carrière, qui est encore jeune mais tout de même ! On a accompagné l’équipe de France jusqu’au cinquième sacre planétaire. J’ai arrêté l’Expresso cette saison pour des raisons personnelles, puisque j’ai eu un bébé, et parce que je voulais me consacrer à ma famille aussi, en plus de m’épanouir dans le boulot. J’ai tellement de satisfactions dans le handball au plus près des sportifs avec mon équipe de consultants que je veux continuer, ça c’est certain.

– Peux-tu nous parler du dispositif que beIN SPORTS va déployer pour cet Euro ?

– On en a eu un aperçu pendant le week-end de Golden League, avec le retour dont on est très heureux de Jackson Richardson qui nous a manqué depuis le Qatar. Il nous rejoint avec son œil surtout, sa personnalité, sa connaissance, son expérience des grands moments, lui qui a écrit l’histoire de l’équipe de France, et qui continue d’être une superstar, vraiment. Je me souviens de ma jeunesse, je le voyais comme un dieu vivant, et là j’ai le plaisir de travailler avec lui, ce qui est génial. Mary Patrux aussi, qui se balade sur son produit chéri la NBA, qui est un tel caméléon et qui dans son rôle d’anchorman en handball avait été d’une fraicheur et d’un professionnalisme hors norme au Qatar. On a plaisir de se retrouver, c’est un peu comme une famille que l’on a quittée pour des vacances et que l’on retrouve avec bonheur. Il y a enfin François-Xavier Houlet, évidemment. On part toute l’équipe en Pologne avec un chef d’édition, Matthias Duchez, qui était déjà présent au Qatar. Nous serons présents avec l’expertise, l’envie de faire encore mieux, de proposer toujours plus d’images, de réactions, d’être au plus près de l’équipe de France avec un JRI (journaliste reporter d’images), Fabien Douillard, un monteur pour proposer des sujets tous les jours dans l’Expresso proposant une vraie page bleue pour être constamment au plus proche de l’équipe de France.

– Peut-on s’attendre à de nouveaux recrutements dans l’équipe Hand de la chaine ?

– Pour l’instant, cela fonctionne très bien comme ça, ce qui a été la volonté de Florent Houzot et c’est aussi pour cela que je me suis détaché de l’Expresso. On est très bien comme ça, il y a Xavier Hamel qui fait un super boulot avec les féminines, on l’a vu lors du mondial au Danemark, et qui a suivi Fleury Loiret en Ligue des champions. On offre en plus cette année le championnat féminin. Xavier, en plus de faire du football de façon brillante, est impérial sur le handball féminin. Mais l’équipe handball de beIN SPORTS compte aussi de nombreux autres experts comme nos consultants Olivier Girault et Dominique Verdon ainsi que Benjamin Charollais, Marc Las et Steven Le Diagorn avec qui nous travaillons toute la saison.

 Le premier tour est à la portée de l’équipe de France

 – Parlons handball, avec l’Euro qui se profile. A quoi ressembleront tes journées durant une compétition de cette envergure ?

– Une journée type sera similaire à ce que l’on proposait au Qatar. On se réunit le matin en conférence de rédaction pour savoir ce que l’on mettra lors des avants-matchs, surtout lors des matchs de l’équipe de France, avec le dispositif particulier, les éléments éditoriaux dont on disposera, On essayera, notamment avec des interviews, d’apporter de la matière supplémentaire, pour permettre aux téléspectateurs de vivre l’évènement comme si ils étaient avec nous en Pologne.

– De nombreuses critiques émanent de toutes parts contre le calendrier surchargé cette année, impliquant de nombreuses absences à l’Euro. En parallèle, cela permet aux passionnés de regarder toujours plus de handball à la télévision. Penses-tu que l’évolution actuelle soit la bonne ?

– Ça a été le fameux débat porté par des joueurs comme Mickael Guigou, et on les comprend absolument puisque ce sont des rythmes absolument infernaux, surtout la nouvelle mouture de la Ligue des champions qui apporte 4 matchs supplémentaires en poule. C’est énorme, et on comprend que cela puisse un petit peu faire tiquer. Les organismes ont été mis à rude épreuve, les enchainements de matchs offrent un calendrier infernal. Il faut trouver des sas de récupération, avec ce qui ne se voit pas toujours, comme les déplacements, en avion, en car, qui fatiguent les organismes. Alors pour nous, c’est fantastique, puisque ça permet à nos abonnés d’avoir un spectacle quasiment quotidien et un suivi hebdomadaire de toutes les équipes et joueurs qu’ils aiment, avec la Bundesliga en plus. On est les premiers supporters des joueurs, à les mettre en avant, à les sublimer autant que faire se peut. On comprend que ce puisse être dommageable pour le corps et l’esprit. On l’a vu avec le nombre de blessés en équipe de France.

– Depuis 2008, l’équipe de France n’a jamais réussi à remporter un Euro pré-olympique, tout en allant gagner aux jeux. Un pronostic pour le parcours des bleus ?

– Dans ce contexte-là, je ne suis pas loin de penser la même chose que Claude Onesta, bien que l’équipe de France n’est pas redevenue normale comme il a pu le dire pour se détacher un peu de la pression. On a l’impression que la France va bénéficier de moins de rotations qui faisaient la différence dans les moments importants, quand les cadres avaient besoin de souffler comme pour toutes les équipes. Le banc français était tellement fort que c’est lui qui faisait tout le temps la différence dans les moments critiques. Il va falloir s’adapter, trouver des solutions. Le premier tour est à la portée de l’équipe de France même si il y aura la Pologne qui va être un monstre, puis les portes de la demi-finale seront à aller chercher avec un deuxième tour compliqué et peut-être la Croatie sur le chemin des bleus.

– L’an prochain aura lieu le mondial masculin en France. C’est une excellente opportunité pour beIN SPORTS d’augmenter encore un peu la visibilité d’un sport dont les finales réalisent d’excellentes audiences, non ?

– Ce n’est pas forcément une opportunité puisque l’on a déjà proposé le mondial au Qatar, mais c’est surtout que nous seront au cœur de l’évènement. On proposera un dispositif hors norme, à la hauteur de l’évènement que sera le mondial en France. L’engouement populaire s’annonce exceptionnel avec déjà 100.000 places de vendues, un chiffre énorme en si peu de temps. Avec l’ouverture générale de la billetterie, on en attend 500.000 de plus. Toutes les salles, rénovées, seront remplies. On espère être le propulseur de ce mondial, on va l’accompagner pour espérer le rendre un peu plus exceptionnel. On va faire ce que l’on sait faire, avec notre expertise, nos moyens techniques considérables, nos moyens éditoriaux pour sublimer cet évènement.

– En 2015, la France a remporté les mondiaux de handball sénior, des moins de 21 ans et des moins de 19 ans, une première. Alors que de nombreux cadres de l’équipe actuelle font savoir leur intention de s’arrêter avec le mondial en France, la relève te semble-t-elle assurée ?

– C’est vrai que ce mondial va marquer un cap, d’où le fait que ce sera un moment à ne pas rater. Effectivement, ce sera la fin d’une sublime aventure pour certains de toute façon, même si Thierry Omeyer qui a 39 ans, un de plus l’an prochain, semble inusable. Ce sera la fin d’un cycle, le début d’un nouveau, mais c’est ça aussi la force de l’équipe de France. A chaque fois, il y a eu des apports de nouveaux joueurs, et à chaque fois, la transition s’est effectuée avec les performances à la clé. Au regard du niveau du championnat de France, des joueurs qui viennent d’arriver, on pense à Benoit Kounkoud, Nedim Remili, Théo Derot… Avec tous ces jeunes joueurs que l’on voit chaque semaine sur beIN SPORTS, on se dit que l’équipe de France a encore de beaux jours devant elle.

On traite tout le monde de façon équitable

Évoquons le championnat de LNH, très dense à la mi-saison. Quelles équipes t’ont agréablement surpris cette saison ?

– Il y a bien sûr le PSG, qui est une équipe hors normes, taillée cette saison pour remporter la ligue des champions. Elle a livré une première partie de saison ahurissante, même si elle a été battue à Montpellier, elle semble au-dessus du lot, grâce aux individualités, et maintenant au collectif de Zvon Serdarusic. Pour les surprises, il y a eu Saint Raphaël, qui a confirmé toutes les belles impressions que l’on avait d’elles. Il y a eu l’USAM également, Nîmes qui a une superbe équipe dans un Parnasse où il est toujours très compliqué de jouer, et enfin Créteil.

– beIN Sports diffuse depuis la saison dernière 2 affiches par journée et un magazine avec les images des autres rencontres. Quels retours en avez-vous ?

– Ils sont extrêmement positifs. Comme c’est une première, il y a eu des interrogations au départ sur la façon dont allaient être exposées les équipes. Tout le monde du handball est heureux de pouvoir suivre au quotidien dans l’Expresso ou de façon hebdomadaire dans HandAction et Tribune Sports le parcours des équipes de D1. C’est effectivement une grande première qui fait l’unanimité au sein des clubs car on traite tout le monde de façon équitable. On est heureux à chaque fois de faire ça, et c’est normal.

-Les passionnés de handball peuvent-ils espérer voir cette offre s’élargir les prochaines saisons ?

– Évidemment. Ce sera à nous de proposer autre chose, de façon différente, intelligente, on est en train d’y réfléchir, on se remet systématiquement en question pour proposer encore plus d’images, de coulisses, d’interviews, de réactions, d’entretiens, de reportages au sein des clubs pour accompagner les équipes de D1.

Quelques questions pour terminer :

L’émission que tu ne rates jamais : Touche pas à mon poste

Celle que tu zappes : Le grand journal

Ton présentateur/animateur favori : Thomas Thouroude

Une compétition que tu rêverais de commenter : Le mondial 2017 en France

Tes passions/passe-temps : Après ma famille, je suis un fan de cinéma, lecture, squash…

Quel a été ton plus beau souvenir de handball ? France Qatar en 2015. J’avais les larmes aux yeux, des frissons. C’est un moment qui restera gravé dans ma mémoire jusqu’à mon dernier souffle.

Un pronostic pour les 3 premières places à la fin de la saison de D1 ? Paris/Saint Raphaël/Montpellier

Un pronostic sur les parcours européens des clubs français cette saison ? Paris une victoire en Ligue des champions, Montpellier un quart de finale serait super, et puis une victoire de Nantes à domicile en EHF.

As-tu un petit rituel avant de commenter un match ? Une orangeade de mémé ? (rires) Non, ça c’est à la mi-temps. Non, moi je suis plus éclair au chocolat.

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    Joli

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