Stade Rennais : Victoire à Paris, quel avenir pour Habib Beye ?

Habib Beye a retrouvé un souffle. À la fin du match, l’entraîneur rennais a serré ses adjoints dans ses bras, visiblement soulagé après une période de tension extrême. Il y a une semaine à peine, la pression était à son comble. La victoire éclatante contre Strasbourg (4-1) avait offert un sursis, mais le contexte restait fragile. Cette fois, le succès obtenu à Paris (1-0) a été arraché dans la douleur, sans la maîtrise collective affichée lors du précédent match.
Sur la pelouse du stade Jean-Bouin, la première mi-temps a été marquée par une pauvreté technique évidente des deux côtés. Les Rennais ont dû s’en remettre à la chance, notamment lorsque Samir Chergui et Thibault De Smet ont trouvé le poteau, alors que Brice Samba, vigilant, avait déjà sauvé les siens face à Pierre Lees-Melou et Jean-Philippe Krasso. La réussite a clairement basculé du côté breton, un scénario rare cette saison.
Les Bretons, souvent malchanceux depuis le début du championnat, avaient déjà laissé filer plusieurs victoires après avoir mené au score. Cette fois, le sort leur a souri. Il y a peu, le vestiaire s’amusait à refaire le classement avec dix points de plus, reflet d’une frustration persistante. La dynamique change, mais rien n’est encore acquis.
Habib Beye souligne la stabilité et l’état d’esprit du groupe
Les joueurs de Beye gardent la tête froide. « On a peut-être un peu plus de réussite que ces dernières semaines. Ce n’est pas le match le plus abouti techniquement. Il nous a manqué de la justesse dans les trente derniers mètres. Mais il faut savoir gagner des matches 1-0 et continuer à travailler. » L’entraîneur ne masque pas les lacunes, mais insiste sur la nécessité de bâtir sur cette victoire.
« Il était important de maintenir de la stabilité autour du club, autour de ma situation. » Habib Beye a tenu à rappeler la fragilité de sa position et la nécessité de préserver l’équilibre interne. Il salue l’engagement de son effectif, même lorsque certains cadres débutent sur le banc. « On a souligné que des joueurs très importants ne démarraient pas, mais ils ont un état d’esprit parfait. On a su profiter de l’intégralité de notre groupe, de l’implication de chacun. Tout le monde doit être moteur. »
Breel Embolo change la donne pour Rennes
La flexibilité tactique a été de mise, avec des permutations entre Jérémy Jacquet et Anthony Rouault dans l’axe, Quentin Merlin et Moussa Al-Tamari sur les côtés. Mais c’est surtout l’entrée en jeu de Breel Embolo qui a marqué la rencontre. L’international suisse, remplaçant pour la troisième fois consécutive, a offert la victoire à son équipe à la 81e minute, récompensant la patience du staff.
« Je suis très heureux de pouvoir aider l’équipe. C’est la victoire du collectif. Dans tous les clubs, tu as de la concurrence. Dans mon rôle, il faut accepter les choix du coach et pousser Kader. » Breel Embolo, lucide, met en avant la force du groupe et la nécessité d’accepter la concurrence, même lorsqu’on débute sur le banc.
Le Stade rennais vise la régularité en Ligue 1
Valentin Rongier, capitaine, partage ce sentiment : « À chaque fois qu’on pouvait recoller dans le bon wagon, on ne l’avait pas fait, ce soir, c’est chose faite. Dans le contenu, ce n’était pas notre meilleur match, mais si on veut faire partie du top 6, du top 7 de la Ligue 1, il faut qu’on enchaîne les victoires. » Le message est clair : la régularité sera la clé pour viser plus haut, mais le contenu devra s’améliorer pour espérer mieux.





