Droits TV : les enjeux de 2023

Cette année s’annonce chargée, notamment pour les fans de football et de tennis

Après une année 2022 animée, notamment pour les clients de l’UEFA, l’année à venir devrait être plus calme, quoique phagocytée par une échéance attendue par tout le football français.

FOOTBALL

Ligue 1 et Ligue 2 (2024-2028) : C’est LE rendez-vous de cette année, attendu depuis de nombreux mois. A l’automne 2023, la LFP lancera son appel d’offres pour le renouvellement des droits de la Ligue 1. L’objectif est de reprendre une dynamique croissante pour le montant des droits, alors que ceux-ci sont désormais gérés par une société commerciale partiellement détenue par le fond d’investissement CVC qui commencera à se rémunérer sur ces contrats futurs. La Ligue, toujours en froid avec Canal+, mise sur le dynamisme des acteurs OTT, Amazon étant le premier d’entre eux, pour réussir cet appel d’offres. Encore faudra-t-il que ceux-ci consentent à dépenser plus de 600M€ alors que Amazon dispose actuellement de l’essentiel des droits contre 250M€ par saison. L’attitude de beIN SPORTS est difficile à prévoir. Elle devrait acter la stratégie à long terme de ses dirigeants pour la France, en lien avec les investissements qataris au PSG. Les équipes de Vincent Labrune espèrent enfin convaincre de nouveaux acteurs, sous réserve de disposer de meilleures garanties que Mediapro.

Euro 2024 – Droits Payants : Si TF1 et M6 se sont offert cette année les 25 plus belles affiches en clair contre 55M€, l’UEFA doit encore trouver preneur pour le reste de la compétition, soit 27 matchs. Le plus probable reste la vente des droits à un acteur payant, avec une codiffusion des affiches de TF1 et M6. Le favori s’appelle beIN SPORTS, diffuseur depuis 2012, mais Canal+ reste à l’affut. L’Euro 2028, dont les 25 affiches en clair ont été acquises par TF1, pourrait également être inclus.

Équipe de France Féminine (2023-2027) : Après le succès de la Coupe du Monde féminine en France en 2019, la dynamique s’est quelque peu atténuée pour l’équipe de Corine Diacre. M6, détenteur des droits a tenté à l’automne 2019 de diffuser un match amical sur la chaîne principale, sans succès. Depuis, ce droit fait le bonheur de W9, avec des audiences très satisfaisantes en dépit de matchs souvent déséquilibrés. La FFF va lancer au premier semestre une consultation pour le renouvellement de ce contrat. Il sera difficile de toucher plus d’argent que l’actuel. La visibilité promise pourrait en revanche permettre aux prétendants de se distinguer.

Coupe du Monde Féminine 2023 : Cette édition qui aura lieu cet été en Australie et en Nouvelle-Zélande est déjà sur le marché. Et les offres n’ont vraiment pas plu à la FIFA qui a pourtant fait l’effort de programmer les matchs de l’Équipe de France à des horaires adaptés à notre marché. Seuls les États-Unis ont bénéficié d’un tel privilège, signe des attentes des équipes de Giani Infantino. TF1 est le diffuseur attendu, après avoir diffusé aux côtés de Canal+ la Coupe du Monde 2019 et l’Euro 2022.

D1 Féminine (2023-) : La FFF va devoir renouveler un droit important, après une première expérience d’envergure auprès de Canal+. La chaîne cryptée diffuse actuellement l’intégralité du championnat contre 1,2 million par an, sans qu’un net succès puisse être clairement établi. Mais face à l’émergence d’une plus forte concurrence européenne, notamment en Angleterre (8 millions par an jusqu’en 2024 sur Sky et la BBC) et en Espagne (7 millions par an pour DAZN sur la période 2022-2027). Le foot féminin français doit donc voir ses revenus audiovisuels croître considérablement pour rester compétitif. Et il va falloir le faire dans un contexte compliqué. De bonnes relations avec Canal+ ou la générosité de DAZN, très impliqué dans le foot féminin au travers de l’Europe, sont à espérer.

Équipes de France Espoirs (2023-) : Dernier dossier à gérer dans les couloirs de la FFF, les droits des équipes de France espoirs, actuellement détenus par Canal+. La concurrence ne s’annonce pas très rude.

Il n’y a à priori rien à attendre du côté des championnats européens, les droits de beIN et Canal+ étant sécurisés à minima jusqu’en 2024. Il faudra surveiller le contrat pour la Liga portugaise sur RMC Sport, en lien avec le devenir de la chaîne.
Par ailleurs, il n’est pas à exclure que les droits de la prochaine Coupe du Monde de la FIFA entrent sur notre marché dès cette année, bien que le format définitif et le nombre de matchs à vendre ne soient pas encore entérinés.

RUGBY

Coupe du Monde 2023 – Sous Licence : Le groupe TF1, détenteur de l’intégralité des droits, doit décider dans les prochains mois de sa stratégie pour optimiser ses revenus. Cela pourrait passer par une sous-licence auprès de concurrents comme Canal+ (comme en 2015) ou France Télévisions (comme en 2011), mais également par une diffusion en intégralité sur les chaînes du groupe comme en 2019. La dernière solution étant la moins probable, car la moins rémunératrice. Une solution payante maison pourrait enfin être trouvée, via la plateforme MyTF1 Max, qui a proposé une partie de l’édition féminine cette année. Mais est-ce bien calibré pour un événement de cette envergure ?

MAJ 16/01 : Ce sera donc un trio inédit TF1/France TV/M6 qui offrira l’intégralité de la compétition au plus grand nombre, sans diffuseur payant.

FFR – Tests Matchs à domicile : Si France Télévisions a bien diffusé la tournée d’Automne 2022 et a prolongé le tournoi des VI Nations jusqu’en 2025, aucune communication n’a été réalisée concernant la durée du partenariat revu à la baisse avec la fédération. Et rien n’indique que les matchs de préparation à la prochaine coupe du monde en France seront diffusés par le groupe public. La centralisation totale des matchs des Tournées d’Automne est attendue à partir de 2024, les droits de L’Equipe pour des nations comme l’Angleterre ou l’Italie s’achevant après la préparation 2023. Cette année pourrait donc marquer l’annonce d’un contrat de long terme à l’image de celui signé par Amazon outre-manche.

TENNIS

US Open (2023-) : Les droits Tennis d’Eurosport sont en danger. A l’exception de l’Open d’Australie (2031), la chaîne du groupe Warner Bros Discovery ne dispose d’aucun autre engagement au delà de 2023. À commencer par le prochain US Open, dont les droits ne sont toujours pas renouvelés. Au fur et à mesure que l’échéance approche, la confiance diminue en interne, laissant croître un risque de non-renouvellement. Cela pourrait intéresser Amazon, dépossédé des mêmes droits au Royaume-Uni, ou beIN SPORTS, diffuseur de Wimbledon mais dont les grilles ne sont pas extensibles à l’infini.

ATP Tour (2024-) : Même histoire que pour l’US Open, avec cette fois-ci un nouveau contrat qui débutera en janvier 2024 et un non-renouvellement par Eurosport fort probable. Amazon et beIN SPORTS font office de favoris.

Roland-Garros (2024-) : La FFT travaille activement à son futur cycle de droits domestiques, avec un appel d’offres qui sera lancé dans l’année. L’édition 2024 marquera l’arrivée du Court Lenglen couvert et une refonte des Nights-Sessions après le retour d’expérience du cycle en cours. L’organisateur cherche toujours à faire croître ses revenus sur un marché domestique peu réceptif. Et devra probablement faire plus de sentiments vis à vis du diffuseur en clair, au regard de l’avis du comité d’éthique de la FFT rendu public très récemment qui insiste sur l’importance qu’il y a à permettre, au-delà des obligations légales, un accès gratuit à la plupart des matches diffusés et aux plus importants d’entre eux. Cela pourrait bien faire fuir Amazon, qui misait sur le caractère exclusif de ses matchs pour attirer le plus grand nombre, mais dont les chiffres d’audience demeurent confidentiels. Il faudra cependant bien trouver une nouvelle architecture pour maintenir les revenus actuels, alors que le diffuseur gratuit, France Télévisions, doit toujours faire des économies.

Wimbledon (2024-) : Sur le papier, les droits de beIN SPORTS s’achèvent à l’issue de l’édition 2023. Cependant, l’absence d’édition 2020 pourrait avoir permis le décalage d’un an de l’échéance du contrat en cours. L’édition 2023 permettra peut-être d’y voir plus clair, pour un droit qui convient parfaitement à la chaîne.

Coupe Davis et Fed Cup (2023-) : Cette fois-ci, nous devrions bien être arrivés à l’échéance du contrat gargantuesque signé par beIN Média Group en 2015. Entre temps, les deux compétitions mythiques ont été massacrées par un footballeur aux promesses trop belles. Difficile de voir beIN conserver cet investissement, sauf en complément d’une stratégie très active sur les droits précédemment cités, alors qu’à compter de cette année, le calendrier ATP ne croisera plus les échéances de Coupe Davis.

CYCLISME

Les trois grands tours sont détenus jusqu’aux éditions 2025 par Eurosport, et par France Télévisions pour le Tour de France. Ce contrat cadre avec ASO, qui inclut de nombreuses autres courses telles que Paris Roubaix ou le Dakar, est majeur pour le groupe public qui a l’habitude de le sécuriser largement en amont, et qui serait bien heureux de pouvoir le faire dès cette année.

BASKET

Élite (2023-) : La Ligue Nationale de Basket va devoir capitaliser sur la très belle saison en cours, portée par le phénomène Victor Wembanyama. Le jeune ailier des Metropolitans 92 est favori de la prochaine draft NBA et par conséquent remplit à lui seul les salles et les audiences de beIN SPORTS. Ses matchs ont même été vendus pour l’international à la plateforme de la NBA. Il faut d’ores et déjà penser à l’avenir sans cette pépite et tenter de retrouver enfin un contrat pluriannuel après la douloureuse séparation avec RMC Sport. La période pourrait donc être optimale pour sécuriser l’avenir auprès de beIN SPORTS.

NBA (2024-) : En temps normal, nous ne nous poserions pas de questions. Mais l’éclosion de Wembanyama rebat quelques cartes. Et cela pourrait se traduire par des intérêts nouveaux. La codiffusion du NBA Paris Game le 19 janvier prochain par Canal+ en clair pose quelques questions sur les intentions de la chaîne cryptée. Au point de griller la politesse à son partenaire ?

HANDBALL

Équipe de France – Matchs amicaux (2023-) : Le contrat liant beIN SPORTS à la FFHB s’est achevé. Son renouvellement est très probable puisque des matchs sont prévus en janvier, mais non officiel à l’heure actuelle. L’Equipe qui bénéficie jusqu’à présent du caractère non exclusif de l’accord pour diffuser les matchs au besoin devrait également maintenir ce statut.

NATATION

France Télévisions dispose, via l’UER, des droits des mondiaux prévus cette année. Avec l’arrivée de nouveaux espoirs français tels que Léon Marchand, l’intérêt des chaînes payantes pourrait renaître, sachant que le reste de la saison (International Swimming League, Championnats de France, Fina World Tour) est actuellement sans diffuseur.

SPORTS US

NHL (2022-) : Le contrat avec Canal+ étant arrivé à terme, la principale ligue de hockey est actuellement dépourvue de diffuseur TV français.

NFL (2023-) : Le deal signé par beIN SPORTS (intégralité) et L’Équipe (un match par semaine jusqu’au Superbowl) court jusqu’à la saison en cours, soit le Superbowl 2023. Il faudra donc renégocier ces droits à la rentrée prochaine.

MMA

UFC (2024-) : La chaine RMC Sport détient l’exclusivité de la plus prestigieuse ligue, jusqu’à l’issue de l’année 2023 selon L’Équipe. La question du renouvellement du contrat dépendra plus de l’avenir de la chaine que de l’intensité de la concurrence, même si ce droit pourrait bien intéresser le groupe L’Équipe, qui a codiffusé le premier évènement organisé à Paris, ou Canal+ qui a récemment acquis la ligue Ares Fighting Championship.

JEUX PARALYMPIQUES

Paris 2024 – Droits Payants : Si France Télévisions sera le diffuseur en intégralité des épreuves paralympiques, le comité d’organisation dispose de la possibilité de commercialiser les droits pour un diffuseur payant. Encore faut-il qu’Eurosport, favori naturel puisque diffuseur des jeux en clair, dispose de la surface financière.

JEUX OLYMPIQUES

Éditions 2026 et suivantes : Le CIO a sondé cette année discrètement le marché dans la perspective de commercialiser les prochaines éditions des Jeux Olympiques, à savoir Milan-Cortina 2026, Los Angeles 2028, et potentiellement l’édition 2030 non attribuée (probablement sur le continent américain) couplée à la probable édition australienne en 2032. Pour le continent européen, Warner Bros Discovery ne semble pas forcément prêt à reproduire le modèle appliqué pour les éditions 2018 à 2024 et ce nouveau cycle pourrait bien voir revenir l’UER en force. Cela pourrait également laisser une porte ouverte à France Télévisions pour négocier directement le marché français par anticipation, à l’image des éditions 2014 à 2020 obtenues en 2011.

MAJ 16/01 : Comme esquissé, le modèle des éditions 2018 à 2024 ne sera pas reproduit par Warner Bros. Discovery, qui conserve les droits payants mais s’est allié avec l’UER pour la couverture gratuite sur le continent jusqu’en 2032. Eurosport et France Télévisions bénéficieront de cet accord.

8 commentaires

  1. Bonjour MÉDIA SPORTIF,

    Faut-il y voir un signe ? EUROSPORT n’a pas retransmis les qualifications de l’us open l’an dernier.
    Si EUROSPORT venait à laisser filer la quasi totalité des tournois de tennis, hormis l’Open d’Australie
    et les Jeux Olympiques à partir de 2026, comment pourraient-ils remplir leurs grilles des programmes ?

    En tennis, se positionneront-ils pour reprendre les droits de ROLAND-GARROS perdus dès 2021 ?

  2. Il faudrait aussi un vrai diffuseur pour l’Euroleague de Basket, avec la retransmission systématique de tous les matchs des 2 équipes de Betclic Elite (Asvel et Monaco). L’effort de l’Equipe TV est minimaliste, peut mieux faire.

  3. J’aimerai qu’Amazon rafale le tennis en entier (grand chelem, WTA, ATP). Ils font du super boulot sur Rolland Garros et ce serait super d’avoir tout le meilleur du tennis au même endroit.

  4. Bein sport devrait récupérer le football portugais le tennis us open Atp Tour récupère aussi Basket Élite garde la NBA et NFL et récupère la NHL comme ils auront tous les sports américains récupéré la natation et garde le handball les matchs amicaux il devrait s intéressé à la coupe d’Italie de football dommage qui on pas récupéré la coupe de Espagne et supercoupe et la coupe d allemangne de football et canal plus devrait récupéré la
    ligue 1 et donne la ligue 2 à bein sport récupère équipe
    de France de football dames la coupe du monde de football 2023 dames garde le football féminin et garde le football des espoirs dommage qui ont les plus les éliminatoires de la coupe du football et de l’euro et de la ligue des nations et devrait récupéré la coupe du monde de rugby et les test match de toute les équipes comme ça ils auront tout le rugby

  5. Je ne vois pas Amazon se repositionner pour l’appel d’offres de la L1. 250M pour 8 matchs dont les meilleurs, pourquoi mettre minimum 600M pour la même chose?? surtout qu’ils n’ont montré aucun intérêt pour la coupe de France, alors que c’était l’occasion de regrouper quasiment 100% du foot français. Et simple voeux, j’espère que bein signera un vrai contrat sur la betclic élite avec plusieurs matchs par journée et s’intéressera au championnat portugais de football.

  6. Selon vous, pour résumer:
    BeIn Sports est en pole position pour récupérer de nombreux droits
    Eurosport perdrait tous ses droits essentiels (JO, ATP, US Open etc..) et ne prendrait aucun droit significatif
    Situation quasiment inchangée pour Canal, mai éventuellement positionnement sur des droits importants (NBA, coupe du monde de rugby)
    Avenir incertain pour RMC

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