mardi , 18 décembre 2018

Thomas Hugues (L’Equipe) : « Le point commun des soirées de L’Equipe de Thomas, c’est le mot légende »

crédit photo : Grangier pour L'Equipe

crédit photo : Grangier pour L’Equipe

Thomas Hugues reprend les manettes de son émission ‘L’Equipe de Thomas’ la semaine prochaine, en passant d’un rythme  mensuel à une émission hebdomadaire, avec plusieurs thématiques. Nous avons rencontré Thomas Hugues pour qu’il nous présente les nouveautés de cette saison.

Votre émission, ‘L’Equipe de Thomas’, devient hebdomadaire cette saison. C’était une envie ?

Oui, clairement, j’espérais passer en hebdomadaire pour m’inscrire dans la durée avec la chaîne L’Equipe. C’est toujours difficile quand on est mensuel d’être identifié et de faire son trou, je suis vraiment très content d’être passé en hebdomadaire parce que c’est un rythme que je connais bien, que j’ai pratiqué pendant plusieurs saisons à TF1 et sur France 5. C’est un rythme que j’aime bien et je pense qu’on doit pouvoir imposer ce format en prime time sur la chaîne.

Vous avez 3 différentes déclinaisons de l’émission, pouvez-vous nous les présenter ?

Au départ on était parti sur 3 déclinaisons, avec d’abord « Vintage », que j’ai proposé à la chaîne il y a 18 mois. C’est la rediffusion de matchs de légende avec le commentaire d’époque et remis en perspective par des joueurs, des journalistes et avec les moyens techniques et statistiques d’aujourd’hui. Ensuite il y a « Destin de champion », c’est par là qu’on va commencer lundi 29 octobre avec Alain Giresse, l’idée est de mettre en avant les grandes stars du sport français, de leur consacrer une soirée entière en prime et en clair, c’est une belle promesse qui n’existe nulle part. Autre promesse, « Les grands affaires du sport », où on va se passionner sur les moments où le sport sort de son cadre et bascule dans le fait divers. On pourrait revenir par exemple sur l’affaire VA/OM, l’histoire de la sextape de Valbuena, l’affaire Festina, le destin d’un Marc Cécillon, il y a pas mal de possibilités, c’est un peu dans cet esprit. Et il y a même une quatrième option, finalement on s’est rendu compte que ce serait intéressant de le faire, c’est « Les grands docs de L’Equipe de Thomas. » On a commencé début septembre avec le documentaire « Saint Etienne 1976 » réalisé par Vincent Duluc, il y a un documentaire sur le rugby en préparation, et on fera des soirées spéciales en s’appuyant sur des documentaires de 52 minutes.

Pourquoi avoir choisi ces 3 grands thèmes ?

Le point commun de ces soirées de ‘L’Equipe de Thomas’, c’est le mot « légende » : des matchs de légende, des champions de légende, dans la beauté de leur trajectoire ou dans la douleur des affaires quand ça dérape. On est vraiment autour de cette promesse, c’est le mot-clé de cette émission.

Comment vous choisissez chaque thème d’émission ?

Ça peut être par rapport à l’actualité, si une affaire rebondit on peut être amené à la traiter par exemple, ça peut être un coup de coeur, comme pour Alain Giresse. Je vivais à Bordeaux, c’est lui qui m’a fait rêver les premières fois dans un stade, et si je suis passionné de sport et de foot aujourd’hui c’est en grande partie grâce à lui. Pour le Vintage, on va faire une émission sur la demi-finale de Coupe du Monde de rugby 1995, France/Afrique du Sud, avec un match dantesque perdu sous des trombes d’eau, et Benazzi, dont l’essai victorieux a été refusé à la toute fin du match, sera en plateau avec nous. Il y a des matchs qui m’ont marqué pour longtemps, et l’idée est de les revivre, c’est presque un plaisir égoïste (rires).

Pour ce match de la Coupe du Monde 1995, ce sont des commentaires de TF1, vous pourrez les récupérer ?

On ne sait pas encore, c’est en cours de discussion, on espère pouvoir les récupérer, parce que l’objectif c’est d’avoir les commentaires d’époque. Quand on ne les a pas, on se débrouille, on récupère des commentaires de radio, par exemple, ou même on peut faire recommencer le match par nos journalistes, c’est déjà arrivé.

Qu’avez-vous prévu pour la première émission la semaine prochaine ?

C’est 90 minutes de plaisir autour des légendes du sport, en l’occurence Alain Giresse, il y aura des surprises, d’autres grandes stars du sport français qui lui rendront hommage, en plateau ou par des vidéos. On repart à Séville avec lui sur le terrain d’un des plus grands matchs de la Coupe du Monde, le France/Allemagne de 1982, Yoann Riou le ramène sur la pelouse et dans les vestiaires du stade. On est allé chercher les grands noms du football et de l’Equipe de France de plusieurs générations pour qu’ils parlent d’Alain Giresse, de ce qu’il représente pour eux. Et plein de surprises dont je ne peux rien vous dire (rires).

Quelles seront les prochaines émissions ?

Après le ‘Destin de champion’ sur Alain Giresse, ce sera le ‘Vintage’ sur la Coupe du Monde de rugby 1995, lundi 5 novembre, et lundi 12 novembre ce sera une « Affaire de sport. » Pour la suite, c’est encore loin, mais pour ‘Destin de champion » on a plein d’idées, en vrac : Teddy Riner, Martin Fourcade, pourquoi pas Guy Roux qui va fêter ses 80 ans, Yannick Noah évidemment, et Bernard Hinault c’est quand il veut ! On est en train de construire ça, et il y aura aussi une Equipe de Thomas spéciale Ballon d’Or.

Comment vous préparez les émissions ?

Avec une petite équipe, on est 4 à bosser dessus, il y a la recherche de documentation et la recherche d’archives, c’est très important. On part d’une page blanche, pour Alain Giresse par exemple on commence par remonter les étapes de sa carrière, on liste les archives qui nous semblent importantes, ensuite on fait des choix et après on se demande qui faire venir en plateau ou qui aller voir, et pour Alain Giresse on a eu beaucoup de chance.

La case du lundi soir en prime est idéale, il y a peu de concurrence sportive, vous êtes content de cette case ?

C’est une case que je connais bien, pendant des années sur France 5 j’avais une émission le lundi soir où on rediffusait de grandes fictions du patrimoine français, c’est une case que je connais bien, il y a effectivement assez peu de sport ce soir-là, on a bon espoir que cette contre-programmation fonctionne. Ce n’est pas pour autant une case facile, il y a beaucoup d’émissions très fortes. Par exemple, face au documentaire « Saint Etienne 1976 », il y avait « L’Amour est dans le pré » sur M6, qui est l’émission la plus forte de l’année pour cette chaîne. Et ce n’est pas forcément une concurrence facile.

‘L’Equipe de Thomas Vintage’ est diffusée depuis 18 mois déjà, quel bilan vous tirez de ces premiers mois ?

Le bilan est positif, si l’émission n’avait pas bien marché en contenu et en audience, Arnaud de Courcelles, le patron de la chaîne L’Equipe (il quitte ses fonctions à la fin du mois NDLR) ne m’aurait sans doute pas confié une émission hebdomadaire. Il y a eu cette première phase de test, l’émission a bien marché, et très bien marché avec les soirées Tour de France et certains grands rendez-vous de foot. Ça a validé une certaine promesse d’émission un peu nostalgique autour des grandes heures du sport. C’est pour ça qu’on décline ‘L’Equipe de Thomas’. Et le succès de l’émission pendant la Coupe du Monde a conforté ce choix, avec des audiences qui nous ont agréablement surpris. On était pourtant très tard, à minuit, et on a démontré qu’on pouvait sortir du cadre purement sportif pour parler de l’impact du sport sur la société, sur l’économie, sur la communication. Ça a ainsi validé la puissance du sport dans toutes ses dimensions, notamment le foot avec le Coupe du Monde, mais aussi le cyclisme, et j’espère le handball à terme.

Quel est votre meilleur souvenir de ces 18 premiers mois ?

C’est difficile, mais je pense que le match qui m’a le plus bluffé, c’est le France/Brésil 1986 (en Coupe du Monde NDLR), ça se joue au Mexique en plein soleil, à 1000 mètres d’altitude, il fait chaud, et techniquement c’est dingue. Le ballon ne sort presque jamais, en plus c’est le dernier match que Michel Drucker a commenté, de mémoire, et il était en plateau avec nous pour revivre ça, c’est un très beau souvenir. Un autre souvenir est lié à l’invité, c’est un ‘Vintage’ Tour de France avec Richard Virenque, et j’ai été bluffé par le personnage. J’étais resté sur une image caricaturale de Richard Virenque, et c’est un sacré bonhomme, et j’ai beaucoup aimé cette émission aussi.

Vous aimeriez renouveler l’expérience d’émission comme vous avez fait pendant la Coupe du Monde en juin dernier ?

Pourquoi pas, on validé le format de l’émission, mais on était porté par la puissance d’une Coupe du Monde. Ce n’est pas l’Euro, c’est un évènement tous les 4 ans qui réunit la planète et qui réunit des gens qui ne viendraient pas forcément regarder des émissions de sport. Mais pourquoi pas pour les prochains grands évènements, comme la Coupe du Monde de rugby en France (en 2023 NDLR), un Euro de foot où la France aura cette Coupe du Monde à défendre, ou les Jeux Olympiques. Sur un très grand évènement comme ça, ça pourrait se rééditer.

Vous avez d’autres projets avec le groupe L’Equipe ?

Pour l’instant non, c’est une chaîne qui est en pleine ascension, le travail réalisé par Cyril Linette et Arnaud de Courcelles est couronné de succès, cette bascule vers la diffusion de droits sportif en clair, cette promesse est tenue et la chaîne cartonne. Je n’ai pas de nouvelles émissions en tête, et j’espère être au début d’une aventure qui durera longtemps.

L’Equipe de Thomas, chaque lundi à 20h45 sur la chaîne L’Equipe.

A propos de Nicolas Chambaud

Spécialiste médias et sport, passionné par l'actualité internationale, le numérique et les enjeux des nouveaux modes de diffusion et de consommation du sport

3 commentaires

  1. Thomas Hugues qui passe en hebdo en prime, très bonne nouvelle. Je trouve pour ma part qu’il s’agit d’un excellent journaliste, qui contextualise et vulgarise très bien, et fait vivre une autre approche du sport.

  2. Qu’en est-il de l’émission avec Pierre-Louis Basse ?

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