mardi , 18 décembre 2018

Eric Ropert (FFHG) : « Avoir le meilleur du hockey français à la télévision »

crédit photo : FFHG

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Une fois n’est pas coutume, nous donnons la parole à une fédération. Où en est la diffusion du hockey sur glace en France ? Eric Ropert, Directeur Général de la Fédération Français de Hockey sur glace (FFHG), répond à nos questions sur la visibilité médiatique de ce sport de glace mal connu.

Etes-vous satisfait de votre partenariat avec Fanseat ?

Ça rentre dans le cadre d’un projet qu’on a lancé il y a quelques années avec les clubs de Ligue Magnus. On souhaitait développer une web TV, on avait fait 2 années de tests sur le site de L’Equipe. Pendant 2 saisons, on a retransmis un match de championnat par Journée. Mais c’était problématique, un match ce n’est pas suffisant, même si c’était la meilleure affiche. Sur le web, on s’adresse vraiment aux supporters, ils veulent voir leur équipe. Avec L’Equipe, on ne pouvait pas aller au-delà de cette diffusion. Le Directeur Général de Fanseat, Jean-Maël Gineste, m’a contacté à ce moment-là, et on a mis ce partenariat en place il y a 2 ans, sur la Ligue Magnus. Puis la saison dernière sur la D1 et la D2 (2ème et 3ème division du hockey sur glace en France). Et plus largement, on va essayer d’y mettre l’ensemble des activités du hockey sur glace.

Quels sont vos objectifs avec ce partenariat ?

L’objectif est d’abord de satisfaire les fans de hockey, c’est la cible essentielle. De ce côté, on est très satisfaits, parce que pour un tarif raisonnable (8 € par mois) les fans de hockey peuvent voir tout le hockey français. Et même un peu plus car ils ont accès au championnat de hockey finlandais et à d’autres sports. On a également équipé les clubs de Ligue Magnus, et les autres vont suivre, avec un outil pour monter rapidement des résumés de match, pour animer les réseaux sociaux des clubs et notre propre site. Et on a un vrai impact, les nombres de vues sont assez intéressants. Les clubs peuvent ainsi tagger pendant le match les buts et les actions clés, et c’est un système de montage automatique qui rajoute les billboards et les logos du club.

Concernant la diffusion en télévision, quelle est votre stratégie ?

L’idée est d’avoir le meilleur du hockey français à la télévision. On avait précédemment un contrat avec Canal+, avec une diffusion essentiellement sur Sport+ avec quelques matchs sur Canal+ Sport. Puis on a basculé sur la chaîne L’Equipe à sa création (en TNT) Aujourd’hui, notre sport n’est malheureusement pas assez médiatique pour justifier d’être régulièrement à la télévision. En tout cas, L’Equipe montre les plus belles affiches du hockey français : la finale de la Coupe de France, les finales du championnat de France, la Ligue Magnus, et des matchs de l’Equipe de France. Ils ont également les droits du Championnat du Monde masculin. On aimerait plus, mais pour l’instant on est plutôt contents d’être sur une chaîne gratuite et nationale en TNT, avec une visibilité grand public. En plus, L’Equipe est une belle marque, dont les audiences grimpent petit à petit. La saison passée, L’Equipe n’a pas pu diffuser la finale de la Coupe de France parce qu’elle était en conflit avec une compétition de biathlon dans laquelle Martin Fourcade était engagé. Nous avons donc convenu de trouver un autre diffuseur (France ô NDLR). Cette saison, il semble que la date ne pose pas de problème.

Le contrat avec L’Equipe se termine quand ?

Il va jusqu’à l’été prochain, pour la saison qui a commencé. Et Ils ont le Championnat du Monde pendant encore 3 ans, a priori ils vont continuer à suivre l’Equipe de France et nos événements majeurs. Après, on reste raisonnable. Toutes les patinoires de Ligue Magnus ne sont pas aptes à recevoir la télévision dans de bonnes conditions d’éclairage et de positionnement de caméras. Le parc de patinoire est assez ancien et ça rentre en jeu. On fait la finale de la Coupe de France à Bercy, c’est un bel écrin. On propose les matchs de l’Equipe de France dans les plus belles patinoires de France, ça fait de belles images. Avec le contrat Canal+, on finançait nous-mêmes une partie de la production, on ne le fait plus maintenant, et on favorisait l’enjeu sportif. On s’est rendu compte que le public ne suivait pas. Au final, le rendu n’était pas terrible.

Vous êtes passés du payant au gratuit en TV, et avec Fanseat vous avez une visibilité mondiale, c’est un bon bilan finalement.

Oui, et c’est très structurant. Pour la Ligue Magnus, on est passé de rien à une petite équipe de production qui vient filmer les matchs, ce n’était pas si évident que ça dans certaines patinoires. Ça nous permet aussi d’expliquer aux clubs et aux collectivités locales qu’il faut que la lumière soit de bonne qualité, que les balustrades soient propres, pour améliorer le produit au fur et à mesure, et avoir des images de meilleure qualité.

En ce qui concerne le développement sur Fanseat, quels sont vos projets ?

On a l’ambition, si le modèle économique se développe, de renforcer la production : avoir de meilleures caméras et en plus grand nombre, avoir plus de ralentis et une régie de production plus importante, pour avoir une retransmission proche de la qualité TV. Ça nous permettrait également de donner nos images à de chaînes de télévision, ce qui n’est pas possible aujourd’hui, on est vraiment en qualité web, même si c’est en HD.

Le numérique est un levier de croissance important pour vous ?

Notre fédération est relativement récente, on l’a créée en 2006, avant on était fondus dans les sports de glace. Pour des questions de cible et de ressource, on est forcément très digital, car c’est efficace et mesurable. Il y a 3 ans, une étude nous avait placé dans le Top 3 des sports pour le niveau d’engagement sur les réseaux sociaux. On est un sport très développé régionalement, et les fans sont habitués à chercher de l’information sur internet ou les réseaux sociaux, car ils ne la trouvent pas dans les médias nationaux. Et du coup c’est une vraie communauté très engagée. Le club de Grenoble, par exemple, qui a une patinoire de 4 000 places, avec un taux de remplissage de 90 %, a 45 000 followers sur les réseaux sociaux. Il y a un coté exponentiel assez intéressant qu’on essaye de développer avec les clubs.

Ligue Magnus : de septembre à février, puis playoffs et finales jusqu’en mars.

Coupe de France : finale dimanche 17 février

Championnats du monde : du 3 au 19 mai 2019

A propos de Nicolas Chambaud

Spécialiste médias et sport, passionné par l'actualité internationale, le numérique et les enjeux des nouveaux modes de diffusion et de consommation du sport

6 commentaires

  1. Bonjour je voudrais savoir juste à quand canal + a les droits de la NHL ça serait bien que bein sport récupère les droits de la NHL

    • Je crois que c’est 3 ans encore que canal plus à les droits moi aussi je voudrais que bein sport récupère les droits de la NHL comme ça ils auront tous les sports us

      • Il manque à Bein Sport une grande partie des sports US : les compétitions universitaires, qui comptent plus de supporters que les compétitions professionnelles

  2. Pour la finale de la Coupe de France de hockey le dimanche 17 février, il ne devrait pays y avoir de conflit avec la coupe du monde de biathlon qui sera à Soldier Hollow avec un ralais mixte à 18h10 en France avec le décalage horaire, à condition que la finale de hockey soit programmée vers 15h.

  3. Je voudrais bien que bein sport récupère les droits de toutes les compétitions de hockey car sur l équipe il passe plus de matchs

  4. Oui bon on sens qu’il essaye de vendre un truc
    Parce que fanseat c’est bien quand ca marche et quand l’équipe technique (locale) est de bonne facture, parce que parfois on cherche le palet
    (Et y a eu une belle erreur pendant le winter games qui a empêché tout le monde de bien suivre le match

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