dimanche , 28 juillet 2019

Willy Sagnol (RMC) : « A la radio, j’ai le sentiment d’avoir plus le temps pour l’analyse »

Willy_Sagnol

A quelques heures du lancement de sa nouvelle émission, « Ici c’est Willy » sur RMC, Willy Sagnol nous accordé une interview pour nous raconter sa nouvelle aventure comme animateur et consultant RMC Sport.

Vous débutez votre nouvelle émission sur RMC ce soir. Comment vous sentez-vous ?

Excité et très heureux. C’est quelque chose de nouveau, et dans la vie c’est bien de faire de nouvelles choses. Il faut suivre son coeur et toucher un peu à tout. Depuis une dizaine d’années, j’ai touché à pas mal de choses, avec toujours autant de bonheur, et j’espère que ce sera toujours le cas avec cette nouvelle aventure.

Comment avez-vous préparé ce passage au micro d’une émission de radio ?

Mon passage à RMC pendant la Coupe du Monde m’a confirmé le fait que c’est un média extrêmement intéressant. On se sent plus proche du public qu’à la télévision, et j’aime bien cette interactivité avec les autres intervenants et les auditeurs, qui vont pouvoir nous appeler pour nous faire part de leurs avis et de leurs sensations. C’est plus dynamique, comme il n’y a pas d’image, ce sont vraiment les argumentaires qui font vivre l’émission, et c’est ce qui l’a rend intéressante.

Vous reprenez la case de « Larqué Foot ». Avez-vous une certaine pression de reprendre cette case ? Vous considérez-vous comme un héritier de Jean-Michel Larqué ?

Pas du tout. Jean-Michel a été un monstre des médias pendant des décennies, et je ne veux surtout pas essayer de faire ce qu’il a fait. Je ne peux en rien rivaliser avec ce qu’il a fait. Je veux que ce soit une émission qui me ressemble, une émission qui traite beaucoup de fond, ce sont les sujets de fond qui m’intéressent. Creuser les dossiers en profondeur, c’est vraiment ce qui m’excite.

Vous serez diffusé en simultané (et en direct) sur RMC Sport News. Cette exposition en télévision est un bonus pour vous, ou ça a pesé dans la balance pour venir à RMC ?

Non, ça n’a pas pesé dans la balance, on reste dans un format d’émission radio qui est diffusée à la télévision. Le concept est de la radio, c’est beaucoup de débat, beaucoup d’argumentaires, de thèse, d’antithèse et de synthèse. Ce qui est intéressant justement est le rythme qu’il pourra y avoir.

Vous avez été joueur puis entraîneur adjoint au Bayern Munich. Auriez-vous aimé travailler pour un média allemand ?

La culture des médias en Allemagne est plus facile à aborder pour un ancien joueur ou entraîneur, parce que c’est très direct. Médiatiquement, les Allemands mettent peu de formes dans ce qu’ils disent, parce qu’ils s’attachent surtout à ce qui est dit, et non pas au ton employé. Ils ne vont pas chercher à savoir si ce que vous avez dit, vous le pensez ou pas. En France, c’est un petit peu plus compliqué, parce qu’on a tendance à décortiquer plus les choses, à essayer de trouver le caillou en plein milieu du chemin.

Comment RMC vous a convaincu d’intégrer la Dream Team RMC Sport ?

Le discours de François Pesenti (directeur de RMC Sport) a vraiment fait la différence, parce qu’il a dédramatisé le côté différent de cette nouvelle activité (d’animateur), avec des mots très simples. Pendant la Coupe du Monde, j’ai trouvé une ambiance qui était positive, avec des journalistes qui ont une passion pour le football, c’est ce qui m’a donné envie d’aller un peu plus loin.

Vous avez déjà été consultant en 2009 pour Canal+, vous avez même commenté de la Ligue 1 en remplacement de Christophe Dugarry. Comment s’est passée votre expérience de commentateur pendant la Coupe du Monde à RMC ?

En 2009, avec Canal+, c’était plus pour la Champions League, j’avais remplacé Christophe (Dugarry) pendant ses vacances. Je me suis rendu compte que je n’étais pas fait pour les commentaires de match à la télévision, parce que je ne suis pas bon dans la réaction directe sur une situation, sur l’évènement. J’ai besoin de mûrir un peu cette réaction, d’y réfléchir, parce que généralement j’aime argumenter ce que je dis. Et à la télévision, sur un commentaire de match, on n’a pas le temps d’argumenter. Il faut être rapide et factuel, et je me suis aperçu que ce n’est pas pour moi. Je me sentais plus à l’aise dans des émissions d’analyse, en plateau, parce qu’on était plus dans la réflexion. A la radio, j’ai le sentiment d’avoir plus le temps pour l’analyse et pour développer mes idées, et ce qui m’a attiré.

Commenter un match de foot à la radio, est-ce que c’est la même énergie que de vivre ce match comme joueur ?

Non, c’est complètement différent. J’ai travaillé avec Jano Resseguié pour la Coupe du Monde, c’est un monument du commentaire de football à la radio, il va continuer à le faire aussi bien que ce qu’il a fait jusqu’à présent, moi je suis là pour apporter mon expertise. Les gens seront d’accord ou pas d’accord, le débat aura lieu, et c’est ce qui m’excite. Pouvoir échanger avec les auditeurs sur une situation que j’ai vu, avec mon ressenti, et discuter sur le ressenti de chacun.

Vous êtes connu pour votre franc-parler, vous rejoignez une radio connue pour son franc-parler. Vous n’allez pas changer de style pour votre émission ?

Non, je n’ai pas envie de changer de style. J’ai payé pour savoir que, parfois, un mot peut changer beaucoup de choses, selon l’interprétation qu’on en fait. Et je ne veux plus jamais me retrouver dans la même situation. Humainement, c’est trop marquant, ça abîme. J’ai l’impression qu’à la radio, on peut vraiment développer des réflexions sans donner la possibilité à d’autres personnes de vouloir l’interpréter différemment.

Vous avez été joueur, puis consultant pour Canal+, puis entraîneur en sélections nationales et en clubs, et vous redevenez consultant. C’était une envie de revenir dans les médias ou un plan de carrière ?

Depuis une vingtaine d’années, j’ai toujours voulu faire les choses avec le coeur, prendre des décisions avec le coeur et pas toujours avec la tête. La tête, c’est avoir un côté pragmatique que le coeur n’a pas, mais le bonheur vient avec le coeur. Aujourd’hui, ça ma rend heureux de faire ce que je vais faire.

C’est un projet à long terme avec RMC ?

On va commencer ensemble, et on verra où ça nous mènera.

« Ici c’est Willy », tous les vendredis de 18h à 20h sur RMC et en simultané sur RMC Sport News.

A propos de Nicolas Chambaud

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Spécialiste médias et sport, passionné par l'actualité internationale, le numérique et les enjeux des nouveaux modes de diffusion et de consommation du sport

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