Audiences Rio 2016 : un bilan mitigé pour France Télévisions

Audiences Rio 2016 : un bilan mitigé pour France Télévisions

Illustration jeux rio 2016 ftv

Les jeux olympiques de Rio se sont achevés dimanche avec un bilan assez contrasté en terme d’audiences pour FTV.

Seules 3 soirées olympiques leader 

Si Londres 2012 avait provoqué un engouement extraordinaire du public français, les jeux de Rio n’ont pas permis à France Télévisions d’atteindre les sommets escomptés . Globalement, le public a massivement renouvelé sa confiance au groupe public durant la quinzaine écoulée mais les performances ont été en deçà de ce que l’événement quadriennal faisait espérer.

Notons tout d’abord que lors de chaque après-midi, France 2 s’est classée leader. Avec 23% de part d’audience en moyenne entre 14h et 20h, la première chaîne publique a dominé solidement la concurrence sans réellement l’atomiser. Le week-end, les audiences ont été logiquement plus fortes avec la présence devant l’écran d’un public plus jeune et plus mixte.

A 20h, où France 3 assurait le relais, les épreuves olympiques ont le plus souvent occupées la troisième marche du podium. Une position coutumière pour la chaîne des régions avec sa série Plus belle la vie. Il aura fallu attendre la finale de handball masculin, dimanche soir, pour que la hiérarchie audimatique soit bouleversée face aux inamovibles journaux de 20 heures.

Mais c’est en soirée que les performances ont surpris par leur faiblesse. En moyenne, seuls 14% des téléspectateurs ont suivi les soirées olympiques au quotidien.  A titre de comparaison, France 2 et France 3 culminaient à 28% lors des derniers jeux d’été avec un leadership insolent. Pour Rio 2016, le constat est parfaitement différent puisque 80% des soirées d’épreuves étaient reléguées à la deuxième, troisième voire quatrième place des programmes les plus regardés selon les programmes et les performances tricolores.

Signalons que les chiffres restitués par Médiamétrie prenaient en compte de longues tranches d’écoute avec des courbes forcément très abstraites et tout à fait artificielles.

La nuit aussi, les résultats n’ont pas affolé les compteurs avec tout juste 250 000 noctambules au rendez-vous en moyenne. Jusqu’à 700 000 téléspectateurs ont veillé pour assister aux faits d’armes d’Usain Bolt soit environ un téléspectateur disponible sur deux.

Un groupe France Télévisions largement boosté par l’événement 

Sur les quinze jours de compétition, le groupe public a atteint 35% de part d’audience en moyenne contre 43% il y a 4 ans à Londres. Ce recul significatif s’explique par une répartition des épreuves moins favorable. En effet, 40% de l’Olympiade s’est jouée à des horaires de faible écoute où les performances réalisées sont moins impactantes dans l’audience globale des diffuseurs.

Aussi France Télévisions avait joué la carte de la complémentarité entre ses différentes antennes. Si cet apport incontestable pour le téléspectateur a permis de mettre en lumière les canaux additionnels du groupe, une certaine cannibalisation s’est fait ressentir sporadiquement.

A noter que France 2 n’a pas réédité la performance établie il y a quatre ans de se hisser devant TF1 pendant la période des jeux. France Ô, canal largement mobilisé sur l’événement,  a en outre réalisé deux semaines historiquement élevées avec près d’un point glané par rapport à d’habitude.

Des séances de rattrapage peu consommées…en linéaire

Face à un ordonnancement des épreuves peu favorable, la direction de France télévisions misait sur une consommation « en deux fois » des retransmissions. Mais les rediffusions matinales proposées sur France 3 n’ont guère fait d’éclat malgré un leadership rare pour la chaîne dirigée par Dana Hastier.  Le magazine « Une nuit à Rio » diffusé à 8 heures flirtait avec la barre des 10% tandis que les rediffusions proposées entre 9h et 12h se contentaient de 700 000 téléspectateurs et de 14% de téléspectateurs. L’essor des supports numériques est bien sûr la principale raison de la désertion relative par le public de ces séances de rattrapage linéaires.

Car dans le même temps, les sites et applications de France Tv Sport ont connu une croissance exponentielle de leur consommation avec près de 150 millions de vidéos visionnées sur la durée des jeux. A cette époque où de nombreux français sont en vacances, le public a aussi fortement consommé les épreuves en live sur le numérique. Le groupe public aura ainsi pu renforcer la puissance de ses marques digitales à l’occasion de ces jeux.

Ajoutons que le magazine Bom Dia Rio, diffusé chaque à midi sur France 2, a littéralement fait plonger la chaîne puisqu’elle a perdu 50% de son audience habituelle dans la case. Le rendez-vous ambitionnait de présenter les épreuves de la journée tout en éclairant les téléspectateurs sur la culture brésilienne.

 Une chute des audiences plus forte que prévue mais attendue

Pour faire baisser l’addition salée de ces JO, France Télévisions avait décidé de conclure une sous-licence avec Canal+. Un arbitrage financier qui a naturellement contribué à la baisse des audiences rencontrées par le groupe public. D’autant que la chaîne cryptée a pu souffler grâce à ces JO en réalisant des pointes d’audiences importantes notamment à l’occasion de la finale olympique  de Teddy Riner où 1.2 million de téléspectateurs choisissait le canal 4.

Mais au delà de ces facteurs, c’est la ferveur globale de l’événement qui s’est faite beaucoup plus tiède et ce dans l’immense majorité des marchés mondiaux. La faute sans doute à un cadre moins attractif comme le signalaient d’entrée les scores réalisés par la cérémonie d’ouverture. Aussi les débuts des athlètes français furent chaotiques.

Au final la baisse des audiences semblait inéluctable après une édition exceptionnelle à Londres. Mais la baisse constatée aura été plus aiguë qu’attendu, y compris, pour son diffuseur gratuit qui souhaitait officiellement retrouver les scores des jeux olympiques de Pékin. Un signe qui ne trompe pas pour relever la déception de France Télévisions : le groupe a essentiellement communiqué sur des pics d’audience et a modifié les seuils de consommation.

 

3 commentaires

  1. Comparer les scores avec ceux de Londres 2012 n »a pas de sens. Si les finales de natations et d’athlé avait lieu entre 19h et 22h, france tv aurait de gros scores

    1. C’est une des explications de la chute effectivement et elle est mentionnée dans l’article.

      Ce décalage moins favorable n’empêche de remettre les chiffres en perspective.

  2. Il faudrait, pour pouvoir comparer, connaître les audiences de France 4 et de France Ô. Car outre la concurrence de Canal, la principale différence est quand même la mobilisation de toutes les chaînes de France TV. D’où une inévitable dispersion entre les différentes chaînes.

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